Économie – Social

La Bourguignonne Fatima Achab rencontre François Hollande pour la journée de la femme

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne dimanche 8 mars 2015 à 6:00

Fatima Achab, médiatrice sociale et culturelle à la MJC de Chenôve, fait partie des 100 femmes reçues à l'Elysée ce dimanche.
Fatima Achab, médiatrice sociale et culturelle à la MJC de Chenôve, fait partie des 100 femmes reçues à l'Elysée ce dimanche. © Radio France - Marion Bastit

Ce dimanche, c'est la journée internationale pour les droits des femmes. Pour l'occasion, François Hollande reçoit cent femmes de toute la France, engagées pour les droits des femmes. Fatima Achab, médiatrice sociale et culturelle à la MJC de Chenôve, fait partie des élues. Depuis six ans, elle milite pour l'intégration des femmes à la vie du quartier.

Ce dimanche, c'est la journée internationale pour les droits des femmes . Pour l'occasion, François Hollande reçoit cent femmes de toute la France. Fatima Achab , 43 ans, fait partie des quatre Bourguignonnes sélectionnées pour rencontrer le Président. Médiatrice sociale et culturelle à la MJC de Chenôve depuis six ans, elle milite pour intégrer les femmes à la vie du quartier.

Fatima Achab n'a pas toujours été médiatrice. Elle a d'abord été aide-soignante pendant douze ans, dont six ans aux urgences du CHU de Dijon. "C'est un endroit où on rencontre la misère sociale, la souffrance, toutes formes de besoins exprimés au départ à travers la santé, mais il y a plein d'autres choses derrière."

"Où sont les filles ?"

Elle décide de traiter le problème en amont, et devient médiatrice à la MJC de Chenôve. "Quand je suis arrivée dans cette structure, ce qui m'a frappée, c'est que les filles étaient très peu inscrites dans les activités structurantes de notre maison. Et là, j'ai pris mon bâton de pèlerin, et je suis allée chercher les jeunes filles."

"J'ai remarqué qu'il y avait un groupe de jeunes filles qui faisaient beaucoup d'autodérision quant à leur poids, leur image..." C'est là que naît son premier projet avec des jeunes filles, autour de la santé. Pendant dix-huit mois, six jeunes filles vont y participer.

"Je les ai inscrites dans un défilé de mode"

"Je les ai inscrites dans un défilé de mode, raconte-t-elle. On a fait de la randonnée, des ateliers culinaires... Le but n'était pas de perdre du poids, mais juste de les percuter, et vivre plein de choses dans une dynamique collective."

Parcours de femmes**

Fatima continue d'aller à la rencontre des jeunes filles du quartier, à la sortie des collèges, des lycées. "Je leur ai dit : ''Vous voulez faire quoi dans la vie ?" Chacune se projetait un peu. Je leur ai dit : "Toi qui veux être infirmière, toi qui veux être avocate, ça te dirait pas de rencontrer une avocate ?" "

C'est là que naît son deuxième projet, baptisé Parcours de femmes. Pendant quinze mois, huit jeunes filles de 14 à 17 ans enregistrent des témoignages de femmes. "On a vu des profils très variés : une journaliste, une infirmière urgentiste, une militante, une femme au foyer, la directrice de l'Inserm à Paris, une grande danseuse étoile du ballet de Béjart..." Le résultat de leur travail, c'est un livret, intitulé Parcours de femmes .

Le festival des habitantes

Fatima décide alors d'aller chercher les mamans de ces jeunes filles, à travers le festival Les Nuits d'Orient. "Pour moi, il était essentiel que ça devienne le festival des habitants, et des habitantes en particulier." Au départ, elles sont simples organisatrices : elles préparent la salle, les repas. En 2011, elle deviennent programmatrices du festival.

"J'avais repéré le spectacle de Tata Milouda, une femme maghrébine de 62 ans qui fait du slam. Mais il me fallait d'autres critiques. Je me suis dit pas mes collègues, c'est trop facile. Alors j'ai demandé aux habitantes si elles voulaient bien aller le voir pour me dire si elles avaient envie qu'on programme ce spectacle."

"Je me revois encore monter dans le minibus"

Elle part donc à Paris en minibus avec onze femmes du quartier. "On a appelé ça "le pari des mères". Elles avaient des enfants, un époux... Rien que l'organisation, c'était déjà un projet en soi. C'a été une révélation pour moi de tous les freins qu'il peut y avoir avant de s'inscrire dans une activité."

Le pari des mères

"Pendant ce week-end, j'ai vu d'autres femmes, raconte Fatima. J'ai vu des femmes qui assumaient qui elles étaient, qui s'exprimaient sans aucune pudeur, qui avaient mis de côté mari, enfants... J'ai vu vraiment des femmes à part entière, qui avaient le sourire du début jusqu'à la fin."

"Pendant ce week-end, j'ai vraiment vu d'autres femmes"

"C'a été une aventure humaine qui porte ses fruits au-delà d'un festival, se félicite-t-elle. Ce sont des femmes qui sont revenues à maintes reprises, qui ont pris confiance en elles. Certaines ont fait le choix de travailler, d'autres de prendre des directions, disons, plus émancipatrices..."

"Une aventure humaine au-delà d'un festival"

Aujourd'hui, 35 femmes ont rejoint l'organisation du festival Les Nuits d'Orient. Leur rendez-vous hebdomadaire à la MJC s'appelle, et c'est tout un symbole, "Le mardi, c'est permis".

Le message de Fatima Achab à François Hollande