Économie – Social

La CGT en colère contre la police municipale de Perpignan

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon lundi 3 février 2014 à 17:51 Mis à jour le mardi 4 février 2014 à 10:56

Yves Gauby (CGT) montre le PV dressé par les policiers municipaux
Yves Gauby (CGT) montre le PV dressé par les policiers municipaux © Mathieu Ferri / Radio France

Quatre militants ont été verbalisés par des policiers municipaux, alors qu'ils distribuaient des tracts près du centre commercial Polygone-Nord. La CGT parle de répression syndicale.

Il est un peu moins de 17h ce mercredi 29 janvier, et quatre membres de la CGT s'installent sur un rond-point, près du parking du magasin Leclerc, au Polygone-Nord de Perpignan. Ils se mettent à distribuer des tracts aux automobilistes qui sortent du centre commercial. Des tracts pour informer sur la journée d'action prévue le jeudi 6 février.

Les syndicalistes viennent à peine de commencer que deux vigiles du Leclerc les aperçoivent et leur demandent de quitter le parking, qui est une propriété privée. Les militants s'exécutent et se décalent de quelques mètres, pour se placer sur la voie publique. Les vigiles prennent aussi les cégétistes en photo, et appellent la police municipale.

"Où est la liberté d'expression ?" (Yves Gauby, secrétaire général de la CGT Perpignan-Nord)

Cinq minutes après, le véhicule arrive, avec 3 policiers municipaux à bord, et le ton monte très vite, selon les syndicalistes. Les agents leur demandent de partir, au motif qu'ils gênent la circulation. Ils menacent même de les interpeller s'ils ne partent pas. La CGT refuse, et les policiers municipaux appellent alors les policiers nationaux. Il y a désormais sur place sept policiers (municipaux et nationaux), plus deux vigiles, face à quatre syndicalistes. Les agents nationaux d'ailleurs ne comprennent pas pourquoi ils ont été appellés pour si peu... ils pensaient se trouver face à une manifestation, et repartent très rapidement.

Les policiers municipaux, eux, ne veulent pas en rester là : ils dressent un procès-verbal, sur la base de l'article R-412-52 du Code la route. Le fait de distribuer des tracts aux automobilistes est puni d'une contravention de quatrième classe, soit 90 euros d'amende.

Une "certaine arrogance " de la part des policiers municipaux

C'est la consternation chez les quatre militants, dont fait partie Yves Gauby, le secrétaire général de l'union locale Perpignan-Nord. Il indique qu'il n'a jamais été verbalisé de la sorte. Jamais, alors qu'il a distribué des tracts des milliers de fois dans le secteur du Polygone-Nord. "Où est la liberté d'expression ? " se demande le syndicaliste. Il évoque même une "certaine arrogance " de la part des policiers municipaux. Trois "cow-boys " dit-il. Le militant a contesté le PV sur place, et la CGT doit désormais rencontrer un avocat ce mercredi pour envisager une procédure judiciaire.

L'Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux (USPPM) a réagi, suite à la diffusion de l'interview d'Yves Gauby lundi soir sur France Bleu Roussillon. Le directeur national de la communication de l'USPPM, Jean-Louis Del Pistoia, indique que les fonctionnaires de police n'ont fait qu'appliquer la réglementation sur la voie publique. L'USPPM cite les pouvoirs de police du maire (article L 2212-1 du Code Général des Collectivités Territoriales). "Il serait de bon ton que ce syndicaliste respecte les textes de loi avant de menacer d'éventuels recours " conclut Jean-Louis Del Pistoia.

CGT Zèle PM 01

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