Économie – Social

La colère des travailleurs sociaux et médico-sociaux du Conseil général des Pyrénées-Orientales

Par Marie Rouarch, France Bleu Roussillon jeudi 24 avril 2014 à 19:04

Les travailleurs sociaux et médico-sociaux du Conseil général mobilisés à Perpignan
Les travailleurs sociaux et médico-sociaux du Conseil général mobilisés à Perpignan © Radio France - Marie Rouarch

Une centaine de travailleurs sociaux et médico-sociaux du Conseil général des Pyrénées-Orientales ont manifesté ce jeudi matin, sous les fenêtres de leur employeur. Cause de leur colère : le manque de moyens qui les empêche d'assurer correctement leur mission auprès des usagers en difficulté.

Une centaine de travailleurs sociaux, médico-sociaux et administratifs du Conseil général se sont mobilisés ce jeudi matin. Des médecins, puéricultrices, sage-femme, psychologues, éducateurs et assistantes-sociales, personnel de la direction de la solidarité, venus crier leur colère sous les fenêtres de leur employeur. Une première depuis 2008 à Perpignan.

La raison de leur colère : le manque de moyens qui les empêche de réaliser leur mission auprès des usagers. Des personnes en difficulté toujours plus nombreuses dans le département, à la faveur de la crise, alors que les effectifs de travailleurs sociaux et médico-sociaux, eux, n'augmentent pas.

"Travailleur sociaux, pas magiciens"

Sur les banderoles installées sur le quai Sadi-Carnot, à Perpignan, on pouvait lire "Solidarité, où t'es ?", "Travailleurs sociaux, pas magiciens". Et la liste des doléances est longue : placements d'enfants impossibles faute de places dans les institutions, aides refusées ou dossiers retardés, mauvaises conditions d'accueil des usagers : pas d'ascenseurs pour les personnes handicapées dans certains locaux, ou même accueil dans une salle de bain à Canet !

Martine, médecin de PMI (protection maternelle et infantile, NDLR ), déplore devoir travailler toujours dans l'urgence, essayer de faire le maximum avec le peu de moyens qu'on lui donne. Une de ses mission par exemple, c'est d'assurer des visites pour les enfants de 3-4 ans dans les écoles maternelles, pour dépister des problèmes de vue ou d'audition ou d'autres pathologies, pour assurer une prévention en terme d'alimentation entre autres. Mais de plus en plus, faute de personnel et de moyens, ces visites sont délaissées. Les travailleurs sociaux et médico-sociaux sont contraints d'établir un ordre de priorité dans leurs missions. Martine aimerait pouvoir réaliser des actions de prévention, car, comme elle le souligne, quand la prévention est efficace, elle permet de détecter plus vite les situations à problème, de les prendre à la source et d'agir rapidement. Pourtant, la priorité dans l'urgence, c'est la protection et plus la prévention.

"Ca va être la guerre bientôt si on ne les aide plus"

Marie-Claude, assistante sociale, estime quant à elle qu'elle est empêchée de faire son travail correctement. Elle craint même que devant le refus de certaines aides, les personnes en difficulté s'en prennent aux travailleurs sociaux !

Ce jeudi matin, les manifestants étaient donc venus demander au Conseil général de se recentrer sur sa mission première : la solidarité , en accordant davantage de moyens aux travailleurs sociaux et médico-sociaux sur le terrain. Une délégation a pu rencontrer, dans la foulée, Hermeline Malherbe, présidente du Conseil général. Elle s'est engagée à recevoir les différents agents concernés pour tenter de répondre au mieux à leurs besoins.

Manif CG - enro

Marie-Claude Pujolar, assistante sociale, dénonce des conditions de travail et d'accueil très difficiles.