Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

La contre-offensive des départements franciliens contre la privatisation d'Aéroports de Paris

-
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Les sept départements de la petite et de la grande couronne s'allient pour qu’Aéroports de Paris ne passe pas dans les mains de fonds privés puisque l'État veut s'en débarrasser pour faire rentrer de l'argent dans les caisses. C'est l'intérêt des franciliens qui est en jeu d'après eux.

Les départements franciliens veulent notamment pouvoir peser sur les problématiques de nuisances, de transports autour des aéroports.
Les départements franciliens veulent notamment pouvoir peser sur les problématiques de nuisances, de transports autour des aéroports. © Maxppp -

Île-de-France, France

Économiquement, on appelle ça "une contre-offensive". Politiquement, ils préfèrent parler de "compromis"... n'empêche, les présidents des sept départements de la petite et de la grande couronne de Paris enlèvent une sacré épine du pied du gouvernement : celle de la privatisation d'Aéroports de Paris.

Car ce n’est plus un secret, l'État, jusqu'ici actionnaire majoritaire veut vendre ses parts pour renflouer les caisses. Politiquement, ça fait scandale, le Sénat a même rejeté la privatisation en première lecture de la loi Pacte, début février. 

Alors, « tous sur la même longueur d’ondes », l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne, le Val-de-Marne, le Val-d'Oise et les Yvelines, proposent de racheter à eux sept, (avec le soutien du fond d’investissement spécialiste Ardian mais les collectivités ont négocié un pacte d’actionnariat qui leur laisse bien la main) juste assez de parts du capital pour garder une minorité de blocage et empêcher les actionnaires privés de faire n'importe quoi.

Transports, nuisances sonores, foncier disponible

Car c'est le quotidien des Franciliens qui est en jeu rappelle François Durovray, le président LR du département de l'Essonne. "Un aéroport n’est pas une activité banale, prévient ainsi l’élu. Et ce n’est pas leur faire injure, mais nous craignons que les actionnaires financiers, privés aient des objectifs différents de ceux du territoire. Nous, nous représentons les habitants et nous devons concilier des impératifs qui relèvent à la fois du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la mobilité ou de la protection de l’environnement, donc nous estimons qu’un aéroport doit garder un capital public pour que les citoyens, par notre intermédiaire, continuent d’avoir leur mot à dire."

François Durovray : "Un aéroport doit garder un capital public pour que les citoyens, par notre intermédiaire, continuent d’avoir leur mot à dire."

Autrement dit, les entreprises privées qui rachèteraient Aéroports de Paris n'auraient qu'un objectif : faire de l'argent. Et les bouchons autour des pistes d’atterrissage, les problèmes de bruit des avions, tout ça…, ça ne sera pas leurs problèmes. « Mais c’est notre problème à nous, rétorque Marie-Christine Cavecchi, et nous allons travailler pour ça, pour que nos concitoyens vivent mieux », promet la présidente du Val-d’Oise. Pareil, rappelle Patrick Devedjian, les 7.000 hectares de terrains encore disponibles pourraient être mal utilisé par Vinci et les autres candidats privés sur la ligne de départ. "Ce foncier pourrait nous servir à construire des logements, il faut absolument que les collectivités gardent la main", martelle le président LR lui aussi, des Hauts-de-Seine.

Reste quand même à trouver l'argent... il faut 3 milliards d'euros minimum. Mais ce n'est pas un problème pour Patrick Devedjian. "Evidemment cet argent est toujours un peu difficile à trouver mais il y a le feu à la maison, et nous ferons ce qu’il faudra." Pas très difficile en fait car les départements pourraient même gagner de l’argent avec ce rachat. « C’est une rente à long terme », reconnaît même Marie-Christine Cavecchi dans le Val-d’Oise. « Ce n’est pas notre intérêt premier, mais c’est aussi une bonne affaire », avoue aussi Patrick Devedjian. Car les aéroports marchent très forts, le chiffre d'affaire d'ADP avait grimpé à 3 milliards 617 millions d'euros en 2017 et le gestionnaire table encore sur un développement toujours plus fort du trafic aérien et une progression du caddie moyen des consommateurs dans les terminaux. Ça promet de jolis dividendes aux départements.

Avant tout cela quand même, la loi Pacte qui prévoit la privatisation repasse à l'Assemblée en deuxième lecture, à partir du mercredi 13 mars.

Choix de la station

France Bleu