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La Creuse peut-elle garder ses entreprises innovantes ?

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Par , France Bleu Creuse

Recyclamer, entreprise guérétoise que la région Nouvelle-Aquitaine vient d'aider financièrement, déménage à Limoges. Plusieurs raisons expliquent ce départ, dont le manque d'investisseurs privés creusois. Mais la Creuse reste un vivier d'innovation pour beaucoup de start-ups.

Alan d'Alfonso Peral, fondateur de la start-up Recyclamer
Alan d'Alfonso Peral, fondateur de la start-up Recyclamer © Maxppp - Floris Bressy PHOTOPQR/LA MONTAGNE

"Je suis parti parce que je ne pouvais pas faire mieux. C'est ça la tristesse." Le président de Recyclamer, Alan d'Alfonso Peral, a tout fait pour trouver de l'argent pour sa start-up en Creuse : cagnottes participatives, apport personnel ... pas assez pour réunir la somme nécessaire à la levée de fonds. C'est à Limoges qu'il a trouvé les investisseurs et qu'il a déménagé pour être plus prêts d'eux

Des investisseurs frileux en Creuse

Alan d'Alfonso Peral n'est pas amer pour autant : "J'ai rencontré beaucoup de personnes en un an, mais c'est difficile de demander une telle somme. Peut-être que je n'ai pas été là au bon moment, peut-être que je n'ai pas trouvé les personnes adéquates." Il ajoute avoir eu du mal à parler des prototypes que Recylcamer fabrique [des robots destinés à nettoyer les mers] : "Ce n'est pas en Creuse qu'on aura le produit. Il a manqué des gens qui auraient cette vision pour l'avenir."

Je suis parti parce que je ne pouvais pas faire mieux. C'est ça la tristesse. Alan d'Alfonso Peral.

Le président de Recyclamer souligne tout de même l'implication du Centre de domotique de Guéret : "Il existe un vrai réseau et une aide réelle là-bas, assure-t-il. La Creuse est une terre d'innovation, il n'y a pas de doutes." Alan d'Alfonso Peral a même été l'un des ambassadeurs creusois pour les start-ups en Nouvelle-Aquitaine. Un son de cloche que vient renforcer Eric Corréia, président de l'Agglomération du Grand Guéret : "Des start-ups se sont crées en même temps que Recyclamer, et l'une d'entre elle emploie aujourd'hui onze salariés, dont des doctorants à bac+7 !"

S'il doit chercher un aspect négatif à son expérience en Creuse, Alan d'Alfonso Peral évoque l'éloignement par rapport à Bordeaux : "Avec la centralisation de cette grande région, on se sent très loin. Loin de l'argent, loin des centres de décision en tout cas. Limoges est déjà un peu plus prêt des choses."

Des impératifs personnels, symptomatiques des milieux ruraux

Pour autant, ce qui a vraiment pesé dans la décision d'Alan d'Alfonso Peral est sa famille : "Ma femme a cherché du travail pendant un an à Guéret. Elle vient de Toulon, elle est diplômée, mais rien. Ce n'est pas facile de travailler beaucoup pour son entreprise et en rentrant le soir, de voir sa compagne aller mal." A Limoges, elle a pu trouver un emploi dans les services hospitaliers. 

Un cas qui n'est pas propre à la Creuse, mais aux départements ruraux, estime Eric Corréia : "C'est un fait, nous avons un bassin d'emploi difficile pour les époux et les épouses de ceux qui viennent s'installer chez nous. Mais c'est aussi un choix de vie : on peut sans doute vivre plus facilement avec un seul salaire à Guéret, que dans une grande ville."

Alan d'Alfonso Peral est loin d'avoir coupé les ponts avec la Creuse : "je reviens pour voir des amis", sourit cet ancien joueur de rugby. "J'espère aussi pouvoir fabriquer des robots 100% Limousin", ajoute-t-il. "Et ce n'est pas une centaine kilomètres qui m'arrêteront." Il est pour l'instant en contact avec des entreprises creusoises, qui pourraient fabriquer les filtres de ces robots. 

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