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Économie – Social

La dégressivité des allocations inquiète les chômeurs landais

jeudi 24 novembre 2016 à 18:10 Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne

François Fillon et Alain Juppé vont tenter de montrer leurs différences ce jeudi soir, dans le dernier débat avant le second tour de la primaire de la droite et du centre. Ils se rejoignent pourtant sur plusieurs mesures, dont la dégressivité des indemnités chômage.

La dégressivité des allocations inquiètent les demandeurs d'emploi
La dégressivité des allocations inquiètent les demandeurs d'emploi © Maxppp - Nicolas Kovarik

Mont-de-Marsan, France

9h45. Nesa sort tout juste d’un énième rendez-vous avec sa conseillère Pôle emploi, à l'agence de Mont-de-Marsan. Après plus d’une année de recherches d’emploi infructueuses, elle s’oriente vers une formation. Avec bon espoir de décrocher un travail, d’ici l’année prochaine. En douze mois, elle ne compte plus les CV et les lettres de motivation envoyés. « Plus de 40 », estime-t-elle. La proposition de François Fillon et d’Alain Juppé de rendre les allocations chômage dégressives, dès 6 mois pour le premier, à partir d’un an pour le second, la met franchement en colère :

« Pourquoi pensent-ils que nous ne sommes que des fainéants ? Je me lève tous les jours à 6h30 pour m’occuper de mon fils de 16 ans et ensuite, je consacre le reste de la journée à chercher un travail. Personne n’aime recevoir des aides, je préfèrerais de loin subvenir à mes besoins. En six mois, c’est quasiment impossible. Bien sûr, ces hommes politiques gagnent beaucoup d’argent, ils n’ont jamais perdu leur emploi, ils ne sont jamais entré dans une agence Pôle emploi pour s’y inscrire. »

Six mois ne suffisent pas

La plupart des demandeurs d’emploi partagent cet avis. « C’est un scandale, siffle Mathieu, 29 ans. Je sors de prison, j’ai payé ma dette à la société, mais je traîne encore cette condamnation comme un boulet. Avant, trouver un emploi était facile. Aujourd’hui, je galère. Alors six mois, ça ne suffit pas. »

Même son de cloche auprès de Marie, infirmière, qui vient déposer des papiers pour son fils de 21 ans. Il a débuté une formation, pour éviter la case « inactif », mais la Maman s’inquiète. Elle estime que c’est de plus en plus dur pour les jeunes d’entrer sur le marché du travail. « S’il n’a presque plus d’indemnités au bout de six mois, il sera à ma charge. Je pense que je pourrais l’assumer, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. »

4,4 milliards de déficit

Aujourd’hui, quatre mois de travail permettent d’ouvrir des droits jusqu’à deux ans, à allocations fixes. Trois ans, pour les séniors. En 2014, le déficit de l’assurance chômage atteignait 3,7 milliards d’euros. L’an dernier, 4,4 milliards. A droite, la question d’une réforme dure revient régulièrement.

Elle a des adeptes, même parmi les demandeurs d’emplois. Didier, montois, connaît le chômage pour la première fois de sa vie. Il a quitté son poste de routier, dans l’espoir d’une reconversion professionnelle. Il est persuadé qu’il ne restera pas longtemps sans travail : « Quand on nous donne la carotte, on s’y habitue et on ne va pas la chercher soi-même. Je pense que quand on veut vraiment, on finit par trouver. Réduire les indemnités après six mois ? C’est même déjà trop long. »

Avant d’en arriver là, il faudra négocier avec les partenaires sociaux. Les syndicats ont déjà dit non.