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Économie – Social

La direction d'Altiservice confirme la fermeture partielle de la station d'Artouste

jeudi 23 novembre 2017 à 13:47 Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn

Les salariés d'Altiservice ont rencontré leur direction mercredi, lors d'un comité d'entreprise. Une première depuis l'annonce de la fermeture partielle de la station cet hiver.

Une quinzaine de salariés d'Altiservice se sont rassemblés à Artouste avant la réunion
Une quinzaine de salariés d'Altiservice se sont rassemblés à Artouste avant la réunion © Radio France - Axelle Labbé

Artouste, Laruns, France

Les salariés d'Altiservice à Artouste ont enfin pu rencontrer leur direction ce mercredi. Ils avaient appris par la presse la fermeture partielle de la station cet hiver la semaine dernière. Les délégués du personnel ont discuté pendant près de deux heures et demie avec le nouveau directeur de la station, Mathieu Adnot, et le directeur général du groupe, Yves Rougier dans les locaux d'Altiservice, à la station.

Altiservice a frôlé le dépôt de bilan

Les salariés demandaient notamment l'ouverture du domaine skiable, et pas seulement de la télécabine, pendant les week-end de janvier. Et sans surprise, c'est non. Pas question d'ouvrir les remontées mécaniques, cela coûte trop cher. En fermant du 7 janvier au 10 février, Altiservice compte économiser 200 000 euros sur les frais de fonctionnement. Il faut dire que l'entreprise va mal, et pas seulement la station béarnaise. Altiservice, qui gère aussi les stations de Saint-Lary et Font-Romeu, a failli déposer le bilan cette année. La faillite a été évitée justesse grâce à une recapitalisation d'Engie, qui a mis 9 millions d'euros sur les comptes. Il faut dire que la station d'Artouste à elle seule perd déjà environ 1 million par an.

Et malgré les mesures de fermeture, on est loin de l'équilibre explique Yves Rougier, le directeur général d'Altiservice : "avec la subvention de la collectivité (la mairie de Laruns, NDLR) de 300 000 euros et une perte estimée à 1,2 million d'euros, Altiservice continue à contribuer à l'activité d'Artouste avec une perte de 700 000 euros. Altiservice gère plusieurs domaines, donc c'est une équation globale de l'ensemble des stations pour l'équilibre économique d'Altiservice". Le déficit de la station d'Artouste n'est pas nouveau, mais les salariés étaient loin de se douter que les difficultés touchaient tout le groupe. Christophe Soulé-Perré, délégué du personnel, a été surpris : "je pensais qu'avec Font-Romeu et Saint-Lary, ça s'équilibrait. Je ne pensais pas qu'ils perdaient autant. Après, nous ce qui nous inquiète c'est l'année prochaine, et ça ils ne savent pas. Ils sont incapables de nous dire ce qui va se passer l'année prochaine".

5 à 18% de salaire en moins

Pendant cette réunion, il a aussi bien sûr beaucoup été question des modalités du chômage technique. Les 42 salariés d'Artouste vont perdre 5 à 18% de salaire. Ce sont ceux qui travaillent aux remontées mécaniques qui perdront le plus. Tout cela est en prime une fourchette haute, calculée à partir de l'ouverture de la station le 23 décembre, comme prévu, donc s'il y a de la neige à Noël. Et ça, c'est loin d'être garanti.

Une quinzaine de salariés était monté en station pour cette réunion, même si seule une petite délégation a pu participer à la discussion. Les autres ont patienté dehors. Sans grand espoir. Gilles Poublan-Mayquelot travaille aux remontées mécaniques. Il était là lors de la fermeture il y a 13 ans (saison 2004-2005), il est revenu l'année dernière. Et il ne croit plus beaucoup en cette station : "pour moi ça va dans le sens inverse, au bout d'un moment ils vont voter la fermeture définitive d'Artouste, dès cet hiver. En étant au chômage partiel, on peut pas faire tourner une station normalement, il n'y aura pas d'entretien, pas de suivi. Si par malheur il y a une grosse chute de neige... Il faut y être tout le temps pour entretenir. Je ne vois pas comment on peut tourner comme ça. On se fout toute la clientèle dehors, ils ne reviendront pas l'année prochaine, c'est sûr. Le ski club ne va pas venir skier ici, c'était le peu de clientèle qui nous restait, ça va avoir un impact énorme. Après, pour retrouver une clientèle potentielle, c'est impossible".