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"La douche froide, la catastrophe" : la déception des commerçants empêchés de rouvrir à Rennes

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Par , France Bleu Armorique

La réouverture des commerces samedi 28 novembre a été très compliquée pour certaines enseignes du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), parfois forcées de baisser le rideau pendant les échauffourées entre policiers et manifestants contre la loi "sécurité globale" durant toute l'après-midi.

Les échauffourées entre policiers et manifestants place de la République a bloqué l'accès à certaines enseignes du centre-ville de Rennes
Les échauffourées entre policiers et manifestants place de la République a bloqué l'accès à certaines enseignes du centre-ville de Rennes © Radio France - Maxime Glorieux

Faux départ pour les boutiques du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine). Les commerçants attendaient avec impatience cette journée de réouverture, samedi 28 novembre, après un mois de confinement. C'était sans compter la deuxième partie de la manifestation contre les violences policières, qui s'est finie avec des feux de bennes et des lancers de projectiles place de la République jusque 18 heures. Le départ du cortège, vers 11 heures, s'était pourtant déroulé dans le calme, avec la présence de nombreuses familles. 

Le passage dans la rue était interdit, donc j'ai du fermer

Certains commerçants, situés au cœur de l'affrontement entre policiers et manifestants, n'ont pas ouvert leur boutique avant la fin d'après-midi.  Lydie Munier, gérante de l'enseigne de vêtements Yves-Saint-Georges à Rennes s'est retrouvée seule au milieu de sa grande boutique. "J'étais prête, dans les starting blocks, et puis là, c'est la douche froide, la catastrophe. Le passage dans la rue était interdit, donc j'ai du fermer. Ma caisse est vide, et c'est encore une perte de chiffre d'affaires." 

Elle redoute que ce genre de manifestations, qui se finit dans la violence, ne se multiplient d'ici Noël, avec, en tête, sa survie financière."On est sur une gamme de prix pour laquelle le "click & collect" ne marche pas, j'ai été fermée-fermée pendant un mois et le risque c'est de fermer notre porte définitivement et qu'il y ait moins de magasins en centre-ville. On va essayer de sauver notre peau, mais ça va être compliqué", glisse la gérante de la boutique, avec la mine des mauvais jours.

On a les yeux qui piquent, la gorge qui pique et on va rentrer...

A l'entrée de la place de la République, certains font la queue devant les magasins, le long des camions de CRS et les yeux humides à cause des gaz lacrymogènes. "On a les yeux qui piquent, la gorge qui pique et on va rentrer... on a fait un tout petit peu de cadeaux, quand même", regrette une mère, avec sa fille de 10 ans à ses côtés. C'est extrêmement violent, j'ai rarement vu ça." Sa fille acquiesce : "Je ne sais pas comment le dire mais c'est vrai que ça fait peur". 

De l'autre côté du barrage de police, à quelques mètres d'une benne en feu, Julie et Lou, 16 ans, sont bloquées : impossible d'accéder aux magasins. "Les magasins qui nous intéressent sont juste à l'endroit où c'est bloqué... c'est un peu la galère." 

Je ne comprends pas qu'on puisse autoriser cette manifestation en plein covid alors que, nous, nous avons un protocole sanitaire drastique

Pour accéder à la boutique Father and Sons, il faut se faufiler entre les camions de police, garés devant. "Ça bloque la circulation, donc les gens ne peuvent plus descendre dans le bas de la ville, ou monter...notre flux est divisé par deux", déplore Nathalie, la gérante. Elle dénonce une injustice quant au protocole sanitaire : "Je ne comprends pas qu'on puisse autoriser cette manifestation en plein covid alors que, nous, on a nous demandé de mettre en place un protocole sanitaire drastique pour protéger nos clients". 

70% de clientèle en moins

Plus haut dans la rue, la boutique de vêtements TBS de Laura est complètement vide. La gérante a pris la décision d'ouvrir le lendemain, un dimanche car "les centre commerciaux ne sont pas ouverts... c'est l'avantage, si on peut récupérer la clientèle que nous n'avons pas eu aujourd'hui.. j'espère vraiment qu'on aura du monde." Dans sa boutique, vide de clients, la gérante constate, déçue, une baisse de 70% de fréquentation par rapport à un samedi habituel.

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