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Économie – Social

La fermeture de Ford Blanquefort menace aussi les emplois de prestataires de l'usine

lundi 4 mars 2019 à 7:39 Par Fanny Ohier, France Bleu Gironde et France Bleu

L'usine de Ford Blanquefort, qui fabrique des boîtes à vitesse pour le constructeur automobile états-unien et emploie 850 personnes, devrait fermer en août prochain. Cependant, d'autres postes sont également en jeu, ceux des prestataires du site girondin.

L'amertume est le sentiment qui domine sur le site de Ford Blanquefort
L'amertume est le sentiment qui domine sur le site de Ford Blanquefort © Radio France - Stéphanie Brossard

Bordeaux, France

Lundi 4 mars, la direction du travail décide de valider ou non le plan social de Ford Blanquefort. Le constructeur automobile américain a rejeté la seule offre de reprise présentée par l'entreprise belge Punch. Seule perspective en vue désormais : la fermeture définitive du site en août prochain. Au total, 850 emplois sont directement menacés. Cependant, davantage d'emplois sont concernés puisque les sous-traitants du site y cesseront leurs activités. 

Pour Francis Wilsius, conseiller régional en charge notamment des restructurations et retraité du Comité d'Entreprise de Ford, si le nombre de ces emplois indirectement supprimés ne doit pas être négligé, même s'il est difficilement quantifiable. "Les estimations de l'INSEE qui existent au niveau national pour une entreprise traditionnelle, généralement, c'est trois emplois induits pour un supprimé," explique-t-il. "Ce ne sera pas le cas pour Ford parce que depuis plusieurs années, le siège a prévenu ses sous-traitants qu'ils devaient trouver d'autres marchés, ce qui devrait diminuer l'impact." 

"Malgré tout, les répercussions seront grandes pour les prestataires et malheureusement les personnes concernées -dans la restauration, par exemple - n'auront aucune aide au départ de la part de Ford. " 

Les boulangeries, épiceries, et autres petits commerces à proximité du site perdront également une partie de leur clientèle. 

Les principaux prestataires touchés par la fermeture de Ford Blanquefort sont donc les entreprises de maintenance, de nettoyage et de restauration. Le sous-traitant qui gère les repas à Ford Blanquefort, Sodexo, a déjà commencé à déplacer certains de ses employés vers d'autres sites, selon Sylvie Beccari, déléguée syndicale CFDT sur le sud-ouest. Les autres salariés seront sans doute priés de faire de même, selon elle. Elle précise toutefois que pour l'instant, il est trop tôt pour connaître les futures mesures prises par Sodexo en la matière.

L'usine voisine, implantée à 100 mètres et émanation de Ford Blanquefort, Getrag Ford Transmissions (GFT), va elle aussi accuser le coup. L'usine compte plus de 1200 salariés et produit des boîtes à vitesse mécaniques pour l'Europe, une activité qui ne ralentit pas. Contrairement à celle liée au marché états-unien où Ford Aquitaine Industries (FIA), alias Ford Blanquefort, vend ses propres boîtes. 

D'abord, Getrag va devoir payer seule les services que les deux usines se partagent sur le site, l'électricité, l'eau, ou la gestion des déchets, par exemple. Dans un premier temps, l'impact sera donc financier. Au delà de ça, Ford détient la moitié des parts de Getrag avec l'entreprise canadienne Magna. Le constructeur automobile est à la fois son propriétaire et son unique client. 

Un capital dont Vincent Teyssoneau, représentant CGT à Gétrag, craint que Ford ne se désengage d'ici l'été. "Magna devrait théoriquement racheter les parts de Ford, même s'ils y sont réticents." Dans ce cas, la sortie de Ford du capital de l'usine ne poserait pas de difficultés. Cependant, il ajoute craindre que "dans un avenir lointain, d'ici deux trois ans, Ford arrêtera peut-être de se fournir auprès de Getrag."

Une hypothèse peu probable pour Francis Wilsius, pour qui l'activité de Getrag n'est pas en péril, voire indispensable à Ford pour l'instant. Si d'aventure Ford cessait d'acheter à Gétrag, il y voit même un point positif : l'usine serait alors obligée de partir à la recherche de nouveaux clients. Ce qui lui permettrait d'être moins dépendante de sa société-mère.