Économie – Social

La Française de roues en redressement judiciaire : un mal pour un bien ?

Par Alexandre Chassignon et Faouzi Tritah, France Bleu Berry vendredi 4 avril 2014 à 6:00

Le carnet de commande de la Française de roues a récemment profité du succès de la Peugeot 2008.
Le carnet de commande de la Française de roues a récemment profité du succès de la Peugeot 2008. © Photo Denis Sollier - L'Alsace - Maxppp

Le dernier fabricant français de jantes, installé à Diors près de Châteauroux, a été placé en redressement judiciaire. L'entreprise a six mois pour trouver un repreneur. Les candidats intéressés ne manquent pas et les représentants des 382 salariés espèrent trouver un propriétaire en qui les clients auront confiance.

Sur le papier, la situation de la F2R est inquiétante. Le fondeur affiche 4,6 millions de dettes, dont 2,5 de cotisations sociales et de taxes en retard. Suite à des mouvements suspects entre ses comptes et ceux de l'ancien directeur financier, elle était déjà gérée par un administrateur provisoire. Son placement en redressement judiciaire, ce mardi, la met provisoirement à l'abri de ses créanciers.

Dans les ateliers, tout n'est pas si sombre. L'activité a rebondi ces derniers mois, le chômage partiel prévu en avril a été annulé et le carnet de commande se remplit encore davantage. Tout semble aller mieux depuis que son actuannaire, l'Indien Deltronix, ne dirige plus sa filiale berrichonne.

La question de la confiance

L'actionnaire unique de la Française de roues, lui, n'apprécie pas de perdre le contrôle et se sent lésé. Il s'était engagé à remettre un million d'euros dans l'entreprise pour assurer les échéances d'avril en échange d'un moratoire sur les 2,5 millions d'arriérés dûs à l'Etat, qui a refusé.

La vente à un groupe capable de combler la dette est maintenant la seule issue pour l'entreprise. Mais selon l'avocat de son actuel propriétaire, l'incertitude sur l'avenir peut aussi faire fuir les clients. "Nous devions fournir Volkswagen à partir de 2015, pointe maître de Boisesson. Cette nouvelle situation juridique pourrait les dissuader".

Le marché est si concentré que quelques clients décideront de l'avenir de l'entreprise. A eux deux, les Français Renault-Nissan et PSA représentent 70% de son chiffre d'affaires, et leur confiance est indispensable.

"Reprendre des volumes" ou voir des "commandes retirées" ?