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Économie – Social

La France, championne du monde des grèves ? Le regard d'un spécialiste du droit du travail

mercredi 4 avril 2018 à 8:40 Par Ludovic Sere et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

Pierre-Yves Sanseau, professeur à Grenoble Ecole Management et expert en gestion du temps de travail était l'invité de France Bleu Isère ce mercredi. Pour lui, il existe une culture française du conflit social ainsi qu'une fascination pour la grève.

Pierre-Yves Sanseau, professeur à GEM et expert en développement personnel et managérial et gestion du temps de travail était l'invité de France Bleu Isère
Pierre-Yves Sanseau, professeur à GEM et expert en développement personnel et managérial et gestion du temps de travail était l'invité de France Bleu Isère

Scandale quand Gabriel Attal, député de la République en Marche (LREM) a utilisé le terme de "gréviculture". Un néologisme pas si nouveau, puisque utilisé depuis le début du XXe siècle, mais généralement choisi pour critiquer la culture française de la grève.

Pour Pierre-Yves Sanseau, la grève est "une longue tradition française", si bien que depuis l'étranger "on a l'impression que nous sommes toujours en grève". Pourtant, si l'on regarde les statistiques, le taux de grèves par salarié est en baisse constante depuis les années 1970, "même s'il existe encore de grands conflits sociaux".

Une tradition française

"Il existe une curieuse de la grève en France, une tradition de l'affrontement." Le professeur à l’École de Management de Grenoble précise : "Les syndicats et le gouvernement ont l'habitude de montrer les muscles d'abord, puis de discuter. Un contre-modèle en Europe. Il existe une réelle tradition du consensus dans les pays nordiques par exemple, où " la grève ne sera que le dernier recours".

Pierre-Yves Sanseau fait remonter cette tradition à la Révolution française. "Même si les Français sont attachés au centralisme étatique, ils ont ce besoin de s'émanciper et de revendiquer une certaine autonomie", ajoute-t-il.

Pierre-Yves Sanseau, professeur à GEM - La France est-elle championne du monde des grèves ?

Une stratégie syndicale ?

"L'idée pour les syndicats est de faire durer les choses le plus longtemps possible. Pour la première fois sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, l'intersyndicale est sous le feu des projecteurs. Jusqu'ici, nous avions l'habitude de voir et d'entendre des personnalités politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, au centre des conflits sociaux.  C'est une stratégie de visibilité mais aussi de survie", estime le professeur.

Si l'on parle des cheminots, on sait que les étudiants sont aussi mobilisés, tout comme les avocats, les Ehpad ou encore les retraités. Existe-t-il un risque de contagion ?  "Non", pense Pierre-Yves Sanseau. "Certains sont dans l'attente, dans le fantasme, du grand soir, mais ils sont minoritaires." Pour lui, " la sociologie de la population a beaucoup changé" et n'est plus prête à entamer un mouvement aussi large que celui de mai 1968 par exemple.

En face, pour le gouvernement, la question de l'opinion est essentielle estime l'enseignant,  Emmanuel Macron parie sur une opinion qui s'agace et sur une division des syndicats comme lors de la réforme du travail. Sud Rail qui refuse la grève perlée et propose une grève illimitée en est un exemple.