Économie – Social

La France et l'Italie trouvent un compromis sur STX, Fincantieri va prendre le contrôle des chantiers navals

Par Géraldine Houdayer et Anne Patinec, France Bleu Loire Océan et France Bleu mercredi 27 septembre 2017 à 15:07 Mis à jour le mercredi 27 septembre 2017 à 18:49

L'accord sur le partage du capital entre les chantiers navals STX de Saint-Nazaire et Fincantieri doit être annoncé ce mercredi soir.
L'accord sur le partage du capital entre les chantiers navals STX de Saint-Nazaire et Fincantieri doit être annoncé ce mercredi soir. © AFP - Caroline Paux

L'accord entre la France et l'Italie sur le partage du capital entre STX et Fincantieri a été annoncé ce mercredi soir. S'il prévoit un partage du capital à 50% entre les deux groupes, Fincantieri sera en fait majoritaire, puisque la France compte lui prêter 1% du capital des chantiers navals.

La France et l'Italie sont parvenues à un compromis sur le partage du capital de STX, qui verrait l'Italien Fincantieri obtenir 51% des droits de vote au sein des chantiers navals mais avec la possibilité pour Paris de reprendre le contrôle en cas de non-respect des engagements, a révélé le journal Le Monde ce mercredi, quelques heures avant une présentation officielle de l'accord ce mercredi soir lors d'un mini-sommet entre l'Italie et la France à Lyon. Une source gouvernementale italienne avait également confirmé cette information à l'agence Reuters, précisant que le président et le directeur général seront italiens. Fincantieri "dirigera de fait STX", précise encore la source.

Un accord à 50/50 sur le papier, mais les Italiens seront majoritaires

Sur le papier, l'accord est un accord à 50/50 entre Italiens et Français : chacun des deux camps aura 50% du capital. Mais derrière, c'est un montage particulièrement subtil qui se cache. La France va en fait prêter 1% de son capital à Fincantieri. Ce 1 % change tout, car il permettrait aux Italiens d'être majoritaires, avec 51% du capital, et de détenir le contrôle opérationnel des chantiers nazairiens, ce qu'ils réclament depuis le début.

La France pourrait reprendre le contrôle en cas de difficultés

En échange de ce prêt établi sur 12 ans, la France aurait obtenu des garanties : le maintien de l'emploi à Saint-Nazaire, une possibilité d'y construire des grandes coques pour des navires militaires, et pas de transfert de savoir-faire vers la Chine. La direction des chantiers sera nommée par Fincantieri, mais la France aura un droit de véto. Et l'actuel président de STX, Laurent Castaing, sera PDG de la nouvelle entité.

En cas de non-respect de ces engagements, la France pourrait récupérer ce fameux 1% au bout de 2, 5, 8 ou 12 ans, et même le contrôle des chantiers navals, car en cas de vraies difficultés, Fincantieri devrait revendre ses 50%.

Ce mercredi soir, les deux camps devraient donc crier victoire. Car après d’âpres négociations et des crises diplomatiques, ils auraient trouvé un terrain d'entente, sans se déjuger complètement ni l'un, ni l'autre.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire est attendu jeudi 28 septembre vers 15 heures sur le site des Chantiers de l'Atlantique selon les informations de France Bleu Loire Océan.