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Dossier : Coronavirus Covid-19

La France va transformer des millions de litres de vin invendu en gel hydroalcoolique

France

La crise du coronavirus a touché de plein fouet les producteurs de vin français, dont les stocks d’invendus sont au plus haut. A partir de ce vendredi, ces millions de litres d’alcool pourront être utilisés pour fabriquer du gel hydroalcoolique et du bioéthanol, contre une indemnisation.

Des vignes de l'appellation Saint-Estèphe, dans le Médoc.
Des vignes de l'appellation Saint-Estèphe, dans le Médoc. © AFP - PHILIPPE ROY

Que faire des millions de litres de vin invendus à cause de la crise du coronavirus ? Le confinement, qui a entraîné une chute de la consommation de vin, combiné à une baisse des exportations vers les Etats-Unis, ont provoqué une crise historique dans le monde viticole. Un plan d'aide, financé par des fonds publics européens, va permettre dès ce vendredi aux viticulteurs de distiller leur vin pour le transformer en bioéthanol ou du gel hydroalcoolique.  

Pour libérer les stocks et remettre leur trésorerie à flot, les professionnels ont estimé les besoins en distillation à trois millions d'hectolitres. Les fonds débloqués devraient permettre de traiter deux millions d'hectolitres, soit 200 millions de litres.

Chaque hectolitre de vin sera indemnisé, à raison de 78 euros pour un vin sous appellation et de 58 euros pour un vin sans indication géographique, indique Didier Josso, le délégué de la filière vins de l'organisme semi-public FranceAgriMer, qui gère les marchés agricoles. Ce dispositif exceptionnel s'étendra jusqu'au 15 octobre

Dès ce vendredi, "les 33 distillateurs agréés en France pourront collecter du vin et distiller", a déclaré Didier Josso. Chaque viticulteur qui le souhaite a jusqu'au 19 juin pour souscrire le volume qu'il souhaite distiller auprès de son distillateur local. FranceAgriMer indemnisera les distillateurs, ensuite chargés de répercuter les aides sur les producteurs.

L'alcool issu de cette distillation sera exclusivement réservé à l'industrie, pour la fabrication de bioéthanol, ou pour la pharmacie et les cosmétiques, notamment pour la production du gel hydroalcoolique.

Tous les vins de tous les bassins sont potentiellement éligibles, à l'exception des vins sans indication géographique de Bourgogne, Beaujolais, Alsace, Savoie, Jura, Charente et Cognac, qui représentent néanmoins de faibles volumes.

Le champagne en première ligne

Les vins les plus touchés par la crise sont les effervescents : du 6 janvier au 26 avril, il s'est vendu en France 36 millions de bouteilles, soit 17% de moins qu'en 2019, pour un chiffre d'affaires en recul de 20% à 245,8 millions d'euros.

Le champagne a en effet pris le Covid-19 de plein fouet, avec une chute hebdomadaire des ventes allant jusqu'à 64% au creux du confinement, pas du tout compensées par le petit rebond de 3% enregistré la semaine du déconfinement.

Du gâchis ? 

Les viticulteurs de la vallée du Rhône ont immédiatement signalé qu'ils ne comptaient pas recourir aux distillations de crise : "La récolte 2019 était très qualitative, on ne va pas envoyer du vin à la chaudière !" s'est exclamé Philippe Pellaton, vice-président de l'organisation professionnelle Inter-Rhône lors d'une conférence de presse à Marseille. 

On ne va pas envoyer du vin à la chaudière !

D’autant que l’indemnisation n’est pas à la hauteur, selon lui. La différence entre cette indemnisation et les cours moyens du marché "vont du simple au double", ce qui "ne peut pas nous satisfaire", assure Philippe Pellaton. Le gel et la grêle l’inquiètent davantage que les effets du Covid-19 sur les ventes de vin, ajoute-t-il. 

De son côté, la région Occitanie a annoncé la semaine dernière un plan de soutien de 14 millions d'euros à sa viticulture. Le Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence a lui annoncé ce jeudi un plan de 1,2 million d'euros pour compenser une baisse d'activité de "l'ordre de 30%".

L'Italie et l'Espagne, les deux autres grands pays producteurs viticoles avec la France, ont recours à des mesures similaires pour réguler leurs excédents, ainsi qu'à des "vendanges en vert", c'est-à-dire des destructions de grappes immatures sur les ceps.

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