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Économie – Social

La grogne des salariés de l'ADAPEI Gironde pour de meilleures conditions de travail

jeudi 13 avril 2017 à 18:19 Par Chloé Gandolfo, France Bleu Gironde

Objectif de rentabilité, manque de dialogue social et pression sur les travailleurs handicapés : environ 150 personnes ont manifesté ce jeudi matin devant le siège social de l'ADAPEI Gironde à Bordeaux Lac pour demander la démission du directeur général M. Emmanuel Devreese.

Journée de grève jeudi 13 avril devant le siège social de l'ADAPEI Gironde.
Journée de grève jeudi 13 avril devant le siège social de l'ADAPEI Gironde. © Radio France - Chloé Gandolfo

Bordeaux, France

Environ 150 salariés de l'Association des amis et parents d'enfants inadaptés (Adapei) ont manifesté jeudi matin devant le siège social pour la Gironde à Bordeaux Lac. Les salariés de l’association sont venus de Blaye, du Médoc ou encore du bassin d'Arcachon pour faire entendre leurs revendications.

Ce qui les préoccupe particulièrement ce sont les conditions de travail qu’ils jugent "dégradées", et les projets de restructuration auxquels ils aimeraient être davantage associés. Les syndicats réclament le départ du directeur général de l’ADAPEI Gironde, M. Emmanuel Devreese qu’ils désignent comme responsable de la situation.

Le principal point de tension entre les salariés et la direction c’est cette restructuration globale de l'institution amorcée par le directeur général M. Emmanuel Devreese, arrivé à la tête de l’association en 2010. La structure d’accueil des personnes handicapées souhaite transformer ses lieux d’accueil et leur configuration. "Nous voulons travailler avec davantage de petits lieux, de plus petites antennes pour plus de lien pour les personnes accompagnées avec leur lieu de vie habituel et plus d’inclusion en milieu ordinaire", détaille Constance d’Auber de Peyrelongue, chargée des ressources à l’ADAPEI Gironde.

Mais les salariés se sentent exclus du projet. "On n’est pas contre la restructuration mais on est contre la manière dont ça se fait. On nous met devant le fait accompli, une fois que le directeur a décidé des projets qu’il voulait mettre en place", précise Philippe Rodriguez.

"Ce qu’on conteste, c’est la vitesse à laquelle on doit les mettre en place et sans moyens supplémentaires ni formation. Tout doit aller vite et c’est forcément vite fait mal fait", explique Pierre Guittard, éducateur spécialisé depuis plus de 30 ans et délégué syndical CGT à l’ADAPEI Gironde.

Car venir à bout de ces projets demande des moyens financiers supplémentaires. Mais la direction l’avoue, la situation financière de l’association "n’est pas confortable". Car pendant que de nouveaux lieux ouvrent, les autres ne sont pas fermés et il faut financer les deux et le budget lui est "constant", selon l’adjointe au directeur général.

C’est justement ce que déplore Pierre Guittard : "Il y a 30 ans on ne parlait que de bien-être et d’épanouissement de la personne handicapée maintenant on ne parle plus que de rentabilité, de productivité".

"On accueille de plus en plus de malades psychiques, plus productifs que les handicapés mentaux", détaille Bernard Berland qui travaille à l'ADAPEI depuis 9 ans. "L’association accepte de plus en plus de chantiers qu’on n'arrive pas à gérer, les ouvriers handicapés partent seuls sur les chantiers et il n’y a plus aucun accompagnement qui est fait ", critique ce moniteur d’atelier à Saint-Denis de Pile.

Les salariés ont été reçu pendant une heure ce matin par l'actuel et l'ancien président de l'ADAPEI Gironde. La direction se dit ouverte au dialogue mais exclut le départ du directeur général. Les salariés quant à eux pensent poursuivre le mouvement en menant des actions coups de poing au siège social sans préciser la nature de ces opérations.