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La justice valide le plan de sauvegarde de la maison mère de Casino

Une bouffée d'oxygène pour la maison mère de Casino. Le tribunal de commerce de Paris a validé jeudi 28 février le plan de sauvegarde de Rallye. Elle n'aura pas à rembourser sa dette de 2,9 milliards d'euros avant 2023. France Bleu Saint-Etienne Loire vous explique ce que cela signifie pour Casino.

le siège social de Casino a Saint-Étienne
le siège social de Casino a Saint-Étienne © Radio France - Yves Renaud

Le groupe Rallye, maison mère de Casino, vient de gagner du temps pour rembourser ses 2,9 milliards d'euros de dettes : le tribunal de Commerce de Paris a validé le plan de sauvegarde de Rallye jeudi 28 février. Le groupe n'aura pas à verser de remboursement d'ici 2023.  

Un  "bon signal" mais tout de même des cessions d'actifs 

"C'est plutôt un bon signal pour Casino car ça veut dire que l'activité va pouvoir être poursuivie. Ce qui a été "vendu" au tribunal de commerce comme un moyen de pouvoir à l'avenir sortir de cette impasse dans laquelle était le groupe a été plutôt suivi" explique Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution. 

Olivier Dauvers, invité de France Bleu matin le 03/03/2020

Pour autant, cette décision impose au groupe de tenir ses engagements en appliquant son plan stratégique : "Il va falloir qu'il se dé-saisisse d'une partie de ses activités. On sait que Leader Price doit être bientôt vendu à Aldi, qu'il doit y avoir à peu près un milliard d'euros de vente qui doit se réaliser d'ici à mars 2021." Finalement pour Olivier Dauvers, "Casino et Rallye ont franchi une étape mais malgré tout, c'est maintenant que les difficultés concrètes vont arriver parce qu'il va falloir réaliser tout ce qui a été promis." En tout, ce plan de cession d'actifs doit rapporter 4,5 milliards d'euros au groupe d'ici mars 2021.

Un "poids de moins" et du temps pour pouvoir se relancer

De son côté, la secrétaire générale de Force Ouvrière chez Casino Laurence Gilardo voit essentiellement du positif dans cette décision : "C'est un poids de moins ! Parce que c'est Casino qui fait l'activité commerciale et qui fait remonter les dividendes vers la maison mère Rallye. Pendant encore trois ans, Casino ne sera pas dans l'obligation de remonter les dividendes et pourra jouir un peu des résultats de son activité" estime-t-elle. Trois ans bienvenus pour "sortir la tête de l'eau parce que les stratégies mises en place prennent du temps."

La diversification peut-elle sauver le groupe stéphanois ? 

Ce plan stratégique se décline en trois parties

  • valoriser ce qui fonctionne encore, notamment les magasins de proximité ou les marques dites premium comme Monoprix, 
  • vendre ce qui ne rapporte plus, comme le low-cost et donc Leader Price,
  • se diversifier en vendant de l'énergie et de l'espace de stockage pour les données numériques.

Pour Olivier Dauvers, cette diversification vers de nouveaux métiers est intéressante, mais elle a ses limites : "la data et l'énergie, objectivement, ce sont des métiers d'avenir. Quand Casino utilise ses infrastructures informatiques pour vendre des capacités à d'autres entreprises, c'est évidemment une bonne direction. Mais ça représente tellement peu à côté du métier historique de Casino qui est la distribution et par rapport aux enjeux de Casino qui se chiffrent non pas en millions mais en milliards d'euros que _ce n'est pas ça qui va relever durablement Casino_." 

Quelles conséquences pour l'emploi chez Casino ? 

Cette stratégie inquiète chez les salariés stéphanois du groupe. En effet, après avoir vendu ses enseignes low-cost, Casino pourrait souhaiter se séparer des grandes surfaces. 

Des inquiétudes sur les sites stéphanois

"Ce plan de cession, outre la cession de Leader Price, prévoit deux milliards d'euros supplémentaires de cession d'actifs d'ici le premier trimestre 2021. Sur Saint-Etienne, il y a le pôle logistique et le siège social qui seraient directement impactés si cela venait à toucher les magasins. Donc la crainte d'une réduction à terme des effectifs de manière importante sur le siège nous fait toujours peur" explique Guillaume Timounet, secrétaire Cfdt des services Loire et Haute-Loire. Il estime que les salariés stéphanois "seraient rassurés de voir une partie des activités déclarées comme stratégiques pouvoir être gérée depuis Saint-Etienne." 

Casino "a préféré maintenir l'emploi"

Encore une fois, Laurence Giraldo (FO) se veut plus rassurante : "Casino s'est engagé avec les organisations syndicales à ne pas procéder à des plans de licenciements. C'est très facile de dire "la variable d'ajustement c'est : on licencie 3000 ou 4000 personnes." Ce n'est pas du tout la stratégie de Casino qui a préféré maintenir l'emploi. C'est sûr que c'est beaucoup plus long, beaucoup plus laborieux, mais ça nous arrange parce que ça sauve l'emploi." 

La décision du tribunal de commerce est donc aussi une bonne nouvelle de ce point de vue : "ça laisse le temps de mettre la stratégie en place et de voir les effets arriver" estime-t-elle. 

Par ailleurs, le groupe Casino a également décidé de ne verser aucun dividende à ses actionnaires pendant l'année 2020, en précisant dans un communiqué que "les décisions sur les futures distributions seront prises en fonction de la situation financière du groupe, dans son intérêt social et dans le respect de sa documentation bancaire et obligatoire." 

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