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Économie – Social

La Manufacture Deux-Ponts en Isère, une imprimerie qui fait impression

lundi 14 mai 2018 à 19:03 Par Laurent Gallien, France Bleu Isère

La Manufacture d'histoire Deux-Ponts, basée à Bresson, près de Grenoble, est une entreprise familiale qui a survécu à l'émergence des écrans et su prendre un virage vers l'impression haut-de-gamme qui lui réussi aujourd'hui. Non sans péripéties ni sans mal.

Dans les ateliers de Bresson sont imprimées des commandes du monde entier
Dans les ateliers de Bresson sont imprimées des commandes du monde entier © Radio France - Laurent Gallien

Grenoble, France

"Il a fallu tenir face aux banques qui trouvaient que l'on ne licenciait pas assez...". Quand il replonge dans les quelques années en arrière et notamment en 2010, Laurent Caillat, Pdg de la Manufacture d'histoire Deux-Ponts, a encore des sueurs froides. Il faut dire que la crise de 2008 n'avait fait qu'amplifier encore les difficultés d'une imprimerie confrontée comme toutes les autres à la montée en puissance des écrans et de ces documents que l'on échange désormais en "numérisés"

Une visite radiophonique!

La famille

Il a fallut du courage et beaucoup d'énergie mais le 3e Caillat à la tête de l'entreprise (créée à Grenoble en 1935), son frère (DG) et sa soeur (DRH), ne pouvaient pas laisser mourir une imprimerie qui est encore une structure 100% familiale. Pour la famille bien sûr mais aussi "pour nos salariés", "nos collaborateurs". Laurent Caillat les nomme aussi ses "artisans".  Une "famille" élargie qui a quand même sérieusement perdu des plumes - passant de 300 à 150 salariés - mais qui est toujours en vie aujourd'hui et, mieux, vient d’enchaîner un 3e exercice dans le vert.

Prestige et luxe

"Nous faisons partie du 1% d'imprimerie en France qui compte plus de 100 salariés et ça c'est une fierté" dit Laurent Caillat. Comme le fait d'importer du travail en Isère et dans le bassin Grenoblois parce que les clients sur place sont rares : "60% de nos clients sont à Paris", explique le Pdg, et les autres pour beaucoup aux Etats-Unis, en Suisse...
Il faut dire que la Manufacture d'histoire Deux-Ponts doit aussi sa survie à un virage amorcé voici une vingtaine d'années mais qui trouve désormais toute sa justification : celui du luxe.

L'entreprise n'imprime plus que des beaux livres, des catalogues et dépliants pour marques de luxes et des magazines de prestige. Hors de ce luxe plus de salut explique Laurent Caillat. "Aujourd'hui je n'ai plus beaucoup des clients qu'avaient mon grand-père ou mon papa". "C'est un peu comme tous les biens de consommations qui sont fabriqués dans les pays européens ou occidentaux. Il faut qu'ils aient un supplément d'âme. Si ce ne sont que des grandes séries à forte production il n'y a pas de raison de les fabriquer chez nous". 

Le supplément d'âme dont il est question ici c'est la qualité du travail et des hommes et femmes qui l'exécute. La faculté aussi à satisfaire les désirs des clients : Dior, Givenchy, Saint Laurent Couture, et d'autres sociétés des groupes LVMH et Kering. Des particuliers fortunés également...

Certaines tâches s'effectuent encore à la main chez "Deux-Ponts" - Radio France
Certaines tâches s'effectuent encore à la main chez "Deux-Ponts" © Radio France - Laurent Gallien

Le papier "média d'avenir"

Pour conserver cette qualité et cette position d'entreprise labellisée EPV, Entreprise du Patrimoine Vivant, le plus grand défi d'avenir est pour le patron "la qualification des collaborateurs". Manque d'attrait pour l'apprentissage et l'alternance et méconnaissance de la société comme de ses "34 métiers", font que la Manufacture d'histoire Deux-Ponts entrevoit des difficultés à recruter "des relieurs, des doreurs, des sérigraphes et des couverturiers...". 

Qu'imprimera t-on également dans quelques années sur des papiers et dans des livres? Des écrans souples? Peut-être. L'imprimerie iséroise explique pour l'avenir regarder aussi ce qui se fait en matière de recherche sur le papier du côté de l'école d'ingénieur Pagora et du Centre Technique du Papier, basés (eux aussi c'est pratique) à Grenoble, sur le campus universitaire. 

Parce que pour vivre encore 80 ans il faudra continuer à s'adapter mais Laurent Caillat y croit dur comme fer. "On pense qu'il y aura toujours besoin d'entreprises comme la notre à la frontière de l'artistique, de l'artisanat et de l'industriel qui soit capable de sublimer le média papier. Qui est un média d'avenir mais si il est travaillé de manière vraiment noble." Notons cet optimisme... sur un beau bout de papier. 

Laurent Caillat, 3e du nom à la tête de l’entreprise créée par son grand-père Cours Berriat à Grenoble - Radio France
Laurent Caillat, 3e du nom à la tête de l’entreprise créée par son grand-père Cours Berriat à Grenoble © Radio France - Laurent Gallien

Pour en savoir plus sur la Manufacture d'histoire Deux-Ponts, ces vidéos d'entreprise :