Économie – Social

La nouvelle Pac vue du Cantal : léger mieux pour la montagne

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Pays d'Auvergne mercredi 2 octobre 2013 à 21:22

Jean-Marie Delcamp (à gauche) et Georges Delbert (à droite, devant l'une de ses vaches), éleveurs près d'Aurillac.
Jean-Marie Delcamp (à gauche) et Georges Delbert (à droite, devant l'une de ses vaches), éleveurs près d'Aurillac. © Alexandre Chassignon - Radio France

François Hollande a annoncé ce mercredi un rééquilibrage des aides issues de la politique agricole commune en faveur de l'élevage. Le président de la République avait choisi d'annoncer ses arbitrages au Sommet de l'élevage, à Cournon. Les zones de montagne seront aussi davantage aidées. Mais il y a plusieurs "mais".

Ils sont éleveurs et en zone de montagne, deux critères d'aide dont François Hollande vient d'annoncer la revalorisation. Les nombreux cantaliens présents au sommet de l'élevage devraient donc avoir toutes les raisons de se réjouir. Mais beaucoup préfèrent se montrer plus prudents.

François Hollande a insisté sur le caractère progressif de la plupart des mesures. Il s'agit pour le président de la République de ne brusquer aucun secteur. Puisque l'enveloppe de la Pac reste la même, donner davantage à certains reviendra à donner moins à d'autres.

Une réforme pour dans cinq ans ?

Ainsi, les deux principales annonces du jour ne seront réellement en place qu'en 2018 et 2019. François Hollande a annoncé une convergence partielle des aides à l'hectare pour 2019. Les secteurs moins aidés que la moyenne, comme l'élevage sur herbe, rattraperont une partie de leur retard.

L'autre grande annonce donnera une prime supplémentaire aux 52 premiers hectares. Elle devrait atteindre 20%... en 2018.

C'est bien ce qui gêne Georges Delbert et Jean-Marie Delcamp, éleveurs de Salers à Ytrac et Laroquebrou : "Tout ça c'est pour dans cinq ans, c'est loin ". Les cours de la viande ou les charges varient bien plus vite.

15% ... de pas grand-chose

Une seule des décisions présidentielles portera ses fruits dès l'année prochaine : la hausse de 15% de l'indemnité compensatoire des handicaps naturels. Cette aide représsente environ 8 000 euros par ferme et par an. Mille euros supplémentaires ne vont pas changer l'économie des exploitations.

Cette série de petits pas positifs peut-elle, au moins, freiner la disparition d'élevages ? Sans doute que oui, selon Georges Delbert. Mais en attendant, les éleveurs préfèrent surveiller le prix auquel ils veulent leur production. Ils ont le temps de calculer sur les annonces de François Hollande auront bien l'effet annoncé.