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Économie – Social

La pauvreté stagne et touche neuf millions de Français d'après l'Insee

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Par , France Bleu

Un Français sur sept vit aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, d'après une nouvelle étude statistique. Et les chiffres stagnent depuis plusieurs années. Le plan pauvreté entend les faire baisser, mais les associations sont sceptiques.

Le taux de pauvreté des salariés augmente de 0,7 points d'après la dernière étude de l'Insee.
Le taux de pauvreté des salariés augmente de 0,7 points d'après la dernière étude de l'Insee. © Maxppp - Sophie Spiteri

France

Alors que le gouvernement dresse un bilan positif du plan pauvreté, un an après son lancement, l'Insee rapporte mardi 10 septembre 2019 qu'il reste neuf millions de Français sous le seuil de pauvreté, 14% de la population, soit un habitant sur sept. L'étude se base sur l'année 2017, donc avant le plan pauvreté, et montre que les chiffres stagnent par rapport aux quatre années précédentes. On remarque aussi que les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux, et que leur niveau de vie diminue, contrairement aux chômeurs. 

Qu'est-ce qu'être pauvre aujourd'hui ?

Dans les statistiques, être pauvre, vivre en dessous du seuil de pauvreté, c'est vivre avec moins de 1.041 euros par mois quand on est seul, ou avec 2.200 euros en couple et avec deux enfants de moins de 14 ans. Ce seuil est fixé à 60% du revenu médian, qui divise la population en deux : la moitié gagne plus, l'autre gagne moins. 

Dans la vie de tous les jours, c'est se priver de fruits et de légumes frais de viande ou de poisson, pour 27% des Français d'après le Secours populaire. Avoir du mal à payer la cantine de ses enfants, à se chauffer, ou encore à partir en vacances une semaine par an : près de 3 sondés sur 10 y renoncent.

La pauvreté stagne

De 2013 à 2017, la pauvreté stagne à un niveau élevé, entre 13,8% et 14,1%, plus encore qu'en 2008, au moment de la crise économique. Certes, l'étude le reconnaît, les plus modestes qui travaillent profitent ces derniers temps de la hausse de la prime d'activité, de la meilleure forme du marché du travail, avec la baisse du chômage. Cependant, il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, que les bons chiffres font parfois oublier. 

Car d'après l'Insee, le taux de pauvreté des salariés augmente de 0,7 points, alors que celui des chômeurs baisse d'autant. Le niveau de vie de ces derniers repart à la hausse (+ 1,5%), mais celui des travailleurs modestes baisse de 0,3%. La faute à l'augmentation des emplois précaires, dans l'intérim, dans la construction, où l'on gagne peu à la fin du mois. 

La pauvreté touche 9 millions de Français selon la dernière étude de l'INSEE - Visactu
La pauvreté touche 9 millions de Français selon la dernière étude de l'INSEE © Visactu - ©

Le plan pauvreté suffira-t-il ?

Le gouvernement s'est félicité mardi du bilan du plan pauvreté, un an après son lancement, et salue des "mesures concrètes". Par exemple, la revalorisation de la prime d'activité, l'aide aux travailleurs modestes, qui bénéficie désormais à plus de 4 millions de personnes et dont le taux de recours est estimé à plus de 80%.  

La création de places en crèches dans les quartiers sensibles aussi, pour aider les parents célibataires à travailler ou l'aide financière versée par l'État aux "petites communes fragiles" qui adopteraient une tarification sociale de leurs cantines, afin de proposer des repas à un euro. Cet automne, 100.000 élèves doivent d'ailleurs bénéficier de petits-déjeuners gratuits à l'école. 

160 nouveaux centres sociaux doivent être construits dans les quartiers en difficultés qui en étaient dépourvus, et 150 "points conseils budget" - sur 400 prévus d'ici la fin du quinquennat - doivent aider les familles à éviter le surendettement.  

Mais ce n'est pas assez, d'après les associations du collectif Alerte - ATD Quart monde, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre, pour faire face à la perte de pouvoir d'achat des plus pauvres, à cause, d'après eux, de la baisse des APL, et de la désindexation des allocations logement et des prestations familiales. Ils réclament une revalorisation du RSA, et des mesures d'urgence pour le logement. 

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