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Économie – Social

La première usine mondiale d'hydroliennes inaugurée à Cherbourg

jeudi 14 juin 2018 à 15:34 Par Benoît Martin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu Cotentin

Après 10 mois de construction, l'usine OpenHydro d'assemblage d'hydroliennes est prête à entrer en service. Son inauguration en grande pompe ce jeudi à Cherbourg n'a pas caché les inquiétudes pesant sur le devenir de cette filière naissante.

Elus locaux, représentants de l'Etat et de l'Europe, coupent le ruban et officialisent le lancement de l'usine OpenHydro Naval Energies
Elus locaux, représentants de l'Etat et de l'Europe, coupent le ruban et officialisent le lancement de l'usine OpenHydro Naval Energies © Radio France - Benoît Martin

C'est un vaste hall de 5500 m2 en bordure de la zone portuaire de Cherbourg. Si on ne le sait pas, on passe à côté sans se douter que cette usine est la première au monde consacrée à l'assemblage d'hydroliennes. Le bâtiment est sorti de terre en 10 mois et dès cet été, deux premières hydroliennes y seront construites. "Naval Energies écrit aujourd'hui une nouvelle histoire industrielle sur le marché naissant de l'hydrolien". Ses propos sont ceux de Laurent Schneider-Maunoury, le Président de Naval Energies et d'OpenHydro, la filiale du groupe qui exploitera l'usine. 

Le vaste bâtiment accueillera 40 salariés et devrait voir sortir 25 hydroliennes par an. - Radio France
Le vaste bâtiment accueillera 40 salariés et devrait voir sortir 25 hydroliennes par an. © Radio France - Benoît Martin

Un potentiel de 25 hydroliennes par an

Les équipes vont débuter l'assemblage des premières hydroliennes dans les prochaines semaines. "Les différentes pièces arriveront par bateau et seront ensuite assemblées dans notre usine", précise Frédérick Lelarge, le directeur du site. Les pièces seront déplacées à l'aide de ponts de levage, et les hydroliennes prendront forme dans une machine d'usinage géante qui trône au milieu du hall. "Nous serons en mesure d'assembler 25 hydroliennes par an, soit une sortie de l'usine tous les 15 jours. Nous travaillerons en parallèle sur 7 turbines", ajoute Frédérick Lelarge. Ca, c'est lorsque l'équipe sera au complet. Il y aura alors 40 personnes sur place. C'est en tout cas l'objectif en cas de décollage de l'activité. 

L'énorme machine d'usinage attend d'entrer en service, devant le rotor de l'hydrolienne testée au large de Paimpol. - Radio France
L'énorme machine d'usinage attend d'entrer en service, devant le rotor de l'hydrolienne testée au large de Paimpol. © Radio France - Benoît Martin

Avenir incertain

Car aujourd'hui, Laurent Schneider-Maunoury, le patron de Naval Energies n'a qu'une vision à court terme de l'activité dans sa nouvelle usine. Il n'y a que 9 hydroliennes en commande et le début de la production se fera avec une 15e de salariés. "Les deux premières turbines sortiront de l'usine en début d'année 2019 et sont à destination du Canada et du Japon où elles seront utilisées dans le cadre de tests de production. Suivront les 7 hydroliennes prévues pour la ferme expérimentale du Raz Blanchard" (ndlr : EDF Energies nouvelles a confié à Naval Energies la construction de 7 turbines de 2MW chacune pour équiper la ferme pilote confiée par l'Etat à l'énergéticien en 2014). Mais pour l'instant, il n'y a aucune autre commande dans le carnet de Naval Energies. 

Le Président de Naval Energies, Laurent Schneider-Maunoury, comme les élus locaux appellent l'Etat à lancer l'exploitation commerciale des hydroliennes. - Radio France
Le Président de Naval Energies, Laurent Schneider-Maunoury, comme les élus locaux appellent l'Etat à lancer l'exploitation commerciale des hydroliennes. © Radio France - Benoît Martin

Une urgence : les appels d'offre de l'Etat

Aujourd'hui l'avenir de la filière et du même coup, de l'usine cherbourgeoise dépend directement des choix de l'Etat. A l'occasion des discours prononcés lors de l'inauguration, tous les élus locaux, représentants de la ville de Cherbourg, de l'agglomération du Cotentin, du Département de la Manche et de la Région ont insisté sur l'importance d'un engagement rapide de l'Etat en faveur de la filière. "Ca passe par le lancement d'appels d'offre pour l'exploitation de fermes commerciales dès cet été", souligne Laurent Schneider-Maunoury. Dans ce cas, l'usine cherbourgeoise pourrait avoir à produire plusieurs dizaines d'hydroliennes dans les prochains mois. "Ce serait aussi un signal fort pour inciter d'autres pays à se lancer dans l'aventure" ajoute le chef d'entreprise. Le mot de la fin au président de la Région Normandie, Hervé Morin : "si l'Etat ne bouge pas, dans 2 ans, cette usine sera vide!"