Économie – Social

La production de bière s’étend en Sarthe

Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine jeudi 22 septembre 2016 à 17:53

La brasserie "Jolicoeur" a ouvert en janvier 2016 à Laigné-en-Belin
La brasserie "Jolicoeur" a ouvert en janvier 2016 à Laigné-en-Belin © Radio France - Bertrand Hochet

Le marché, encore confidentiel, est en pleine expansion. Six brasseurs sont aujourd’hui installés en Sarthe. Les producteurs cherchent des débouchés, notamment dans les bars qui, jusqu’à présent, se montrent frileux.

Quand on ouvre le sachet, une odeur d'agrumes se dégage. Le houblon sous forme de granules est précieusement conservé dans un congélateur, sorte de coffre-fort, près des sacs de malt de 25 kilos. C'est ici, dans ce hangar de Laigné-en- Belin que David Lux, formé en Belgique et au Canada, a lancé sa brasserie, il y a moins d'un an. Sa bière « La Jolicoeur » se décline en quatre variétés : blonde, brune, ambrée et blanche. Chez lui, comme dans toutes les autres brasseries du département, la fabrication de la bière prend trois semaines à un mois. L’essentiel des matières premières : malt, houblon et levure ne proviennent pas de Sarthe mais sont importées, notamment d’Allemagne et de Belgique. Le brassage se réalise à partir de l’orge concassée et de l’eau auxquelles on ajoute du houblon qui donne à la bière son arôme. Le liquide refroidi subit ensuite deux fermentations, en cuve et en bouteille.

La bière sarthoise quasi-absente des bars

La bière sarthoise n'est pas distribuée dans les bars à quelques rares exceptions près. On la trouve dans quelques grandes surfaces, sur certains marchés et bien sûr chez les producteurs. Elle reste une boisson confidentielle mais qui perce petit à petit, constate Julien Derenne : « c’est vraiment une curiosité. Les gens ne savaient pas qu’on faisait de la bière à côté de chez eux. En Sarthe, il existe une culture du cidre et du vin ». Ce revendeur ambulant (« Les bières du coin ») prévoit une croissance rapide du marché des bières artisanales : « elles représentent 3% aujourd’hui. On devrait doubler cette année pour atteindre 5% voire 7%. Ce qui signifie que nous prenons des parts aux industriels ». David Lux, brasseur à Laigné-en-Belin partage cet optimisme : « la bière avait une connotation péjorative, elle était considérée comme un sous-produit par rapport au vin. Mais les mentalités ont changé. Les gens découvrent qu’il existe une grande diversité de bières ».

Le malt est obtenu à partir de l'orge  - Radio France
Le malt est obtenu à partir de l'orge © Radio France - Bertrand Hochet

Vers la création d’une filière « bière sarthoise »

La Sarthe s'est mise assez tardivement à la fabrication de bières. Les six brasseurs gagneraient maintenant à s'organiser et à mutualiser les investissements pour créer une véritable filière, estime Olivier Gasnier. Avec sa bière « La Milessoise », il est l'un des deux premiers à s'être installés en Sarthe, voici une quinzaine d'années. « On pourrait très bien imaginer du matériel d’embouteillage et d’étiquetage en commun », détaille le brasseur. « Pourquoi pas des machines sur remorque qui iraient de brasserie en brasserie, ce qui réduirait les coûts ». Parmi les autres pistes d’avenir, Olivier Gasnier évoque la production locale d'orge pour le malt et le démarchage des revendeurs de boissons pour étendre la commercialisation des bières sarthoises.

Les brasseurs sarthois :

  • La Jolicoeur, à Laigné-en-Belin
  • La Sarth’voise, à Ségrie
  • La Milessoise, à Aigné – La Milesse
  • La brasserie du Loir, à La Flèche
  • Bullazimuth, à Changé
  • La corde raide, à Téloché

Les cuves de "La Milessoise" (à gauche) et celle de "Jolicoeur" (à droite) - Radio France
Les cuves de "La Milessoise" (à gauche) et celle de "Jolicoeur" (à droite) © Radio France - Bertrand Hochet

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