Économie – Social

La production de tabac meurt à petit feu dans la Drôme

Par Emmanuel Champale et Stéphane Milhomme, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 15 avril 2014 à 14:48

Des feuilles de tabac en train de sécher.
Des feuilles de tabac en train de sécher. © Fotolia.com" - steve estvanik - Fotolia.com

C'est ce mardi que la Seita doit annoncer la fermeture de la plus grosse usine française de cigarettes à Nantes. Mais pour qu'il y ait des cigarettes il faut du tabac, et on a tendance à oublier que la Drôme a longtemps été un gros producteur. Aujourd'hui c'est bien fini et les exploitations qui font encore du tabac souffrent comme le reste de la filière.

Il suffit de prendre les chiffres : en 2005, le nord Drôme comptait soixante treize producteurs qui fournissaient trois cents quatre vingt tonnes de tabac. Aujourd'hui il ne reste que dix exploitants qui produisent une cinquantaine de tonnes, huit fois moins qu'il y a dix ans. La bascule a eu lieu quand Bruxelles a coupé les aides européennes pour soutenir la filière. C'était en 2010.

Les fabricants de cigarettes ont bien relevé leur prix d'achat au kilo mais cela n'a pas suffit et beaucoup d'agriculteurs ont délaissé le tabac au profit des arbres fruitiers, des noyers ou des champs de céréales. Au nom du combat contre le tabagisme, les hommes politiques ont tué le métier. C'est en tout cas l'avis de Denis Rebatté, un des derniers producteurs drômois, installé à Châteauneuf de Galaure.

La Drôme fournit 2 variétés de tabac blond, du Virginie et du Burley envoyé directement  à l'usine de Sarlat en Dordogne , pour une première transformation avant d'être revendu aux grands fabricants de cigarettes. C'est alors qu'ils le mélangent avec des productions venues d'autres pays. Mais pour combien de temps ? C'est toute la question.

Quand la Drôme était une grosse productrice de feuilles de tabac