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La production fruitière française est en danger selon un arboriculteur sarthois

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Par , France Bleu Maine

Charlie Gautier est producteur de pommes dans le Sud Sarthe. Il organise aujourd'hui et demain le congrès national des producteurs de fruits à Chenu, petite commune de 500 habitants. Parmi les thèmes évoqués, les enjeux économiques et environnementaux mais aussi l'avenir de la profession.

70 000 tonnes de pommes et poires sont produites en Sarthe chaque année
70 000 tonnes de pommes et poires sont produites en Sarthe chaque année © Maxppp - PHOTOPQR/LE PROGRES

"L'arboriculture française a été divisée par deux en quinze ans". Charlie Gautier est inquiet pour l'avenir de son métier. "En Sarthe, ce sont 1.000 hectares de vergers qui sont cultivés, ce qui représente 70.000 tonnes de fruits produits chaque année et mille emplois. Si vous supprimez l'arboriculture dans le département, c'est mille emploi de moins". Le Sarthois produit 3.500 tonnes de pommes par an à la Bruère-sur-Loir. 85 % pour le marché français, le reste à l'export. 

Ce qui l'inquiète, c'est la concurrence, qu'il juge déloyale, d'autres pays européens. "L'Espagne ou la Pologne utilisent des produits phytosanitaires qui sont interdits en France. La main d'oeuvre y est aussi moins coûteuse. Alors forcément cela se ressent sur les prix. Nos fruits sont 30 à 40 % plus chers". Impossible dans ces conditions d'être compétitifs, même si le modèle français est plus vertueux. "On sait que si on continue comme cela, dans deux ans, on ne produira plus de cerises françaises. Il y a un risque de plan d'arrachage massif et nous n'allons plus produire de cerises en France".

L'inquiétude de Charlie Gautier face à la diminution du nombre de producteurs de fruits en France

Les circuits courts, çà ne va pas faire bouillir la marmite 

La loi Egalim promulguée par le gouvernement prévoit notamment, à partir du 1er janvier 2022, que les produits français ou locaux représentent la moitié des aliments au menu des cantines et de la restauration collective en général. 20 % devront être des produits bio. "Les circuits courts, c'est bien ! Encore faut-il que cela soit rentable. Si le producteur doit livrer lui même ses fruits et légumes dans les cantines scolaires ou les maisons de retraite, la note de carburant va coûter plus cher que les deux caisses qu'il va vendre. Il faut que la filière s'organise en mettant en place un réseau de transport logistique". Charlie Gautier fait remarquer que la part de sa production de pommes vendu en Sarthe ne représente que 3%.

Que les décideurs puissent rentrer dans les vergers et mettre des bottes    

Ce qui énerve Charlie Gautier, c'est le fossé qui existe parfois entre les décisions prises par le ministère de l'Agriculture et la réalité du terrain. "Prenons les zones de non traitement. Le gouvernement a instauré une distance minimale de 5 à 20 mètres des habitations, en fonction des cultures et des produits, à respecter par les agriculteurs qui épandent des phytosanitaires . "Je ne sais pas si c'est exagéré mais il faut aussi se poser quelques questions. Quelle est la valeur du terrain perdu ? Qui paye les impôts fonciers sur le terrain là ? Tout le monde est impacté même les producteurs bio qui utilisent des traitements même s'ils sont naturels". 

Charlie Gautier trouve que certaines lois impactant le travail des producteurs, sont votées dans la précipitation

Charlie Gautier veut que le législateur garde les pieds sur terre. C'est pour cette raison que le co-président de la Fédération nationale des producteurs de fruits et légumes a tenu à organiser ce congrès en pleine campagne, au milieu des vergers. "Toutes les décisions sont prises à Paris. D'habitude, notre assemblée est organisée dans les palais des congrès des grandes villes et je ne pense pas que dans le palais des congrès du Mans, il y ait beaucoup de pommes. Donc c'était pour faire revenir sur terre une strate parisienne, la faire rentrer dans les vergers, pouvoir mettre des bottes et regarder ce qui se fait".  Même si Charlie Gautier ajoute, avec humour, qu'il a eu beaucoup de mal à trouver 150 chambres d'hôtel pour loger tout le monde.  

Charlie Gautier a souhaité organiser ce congrès national au coeur des vergers pour être au plus près de la réalité du terrain

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