Économie – Social

La recherche de mines d'or reprend en Haute-Vienne

Par Nathalie Col, France Bleu Limousin, France Bleu Périgord et France Bleu lundi 9 janvier 2017 à 18:49

La société Cordier Mines cherche à savoir s'il y a encore des filons d'or exploitables en Haute-Vienne (photo d'illustration)
La société Cordier Mines cherche à savoir s'il y a encore des filons d'or exploitables en Haute-Vienne (photo d'illustration) © Maxppp - Gary C. Caskey

L'État vient d'accorder un permis exclusif de recherches de mines d'or à la société Cordier Mines, sur un périmètre de 261 km², à travers neuf communes de Haute-Vienne et une de Dordogne. L'entreprise a cinq ans pour repérer des filons intéressants, mais des riverains organisent la résistance.

Deux ans après avoir entamé les démarches, la société Cordier Mines vient d'obtenir un permis exclusif de recherches de mines d'or, argent, antimoine et substances connexes en Haute-Vienne et en Dordogne. L'entreprise dispose de cinq ans pour tenter de trouver des filons rentables sur un périmètre de 261 km². Neuf communes sont concernées en Haute-Vienne : Coussac-Bonneval, Chateau-Chervix, la Meyze, la Roche-l'Abeille, Ladignac-le-Long, le Chalard, Meuzac, Saint-Priest-Ligoure et Saint-Yrieix-la-Perche. Le permis concerne aussi la commune de Jumilhac-le-Grand, en Dordogne.

Le périmètre concerné par le permis de recherche d'or s'étend sur un périmètre de 261 km² et exclut les concessions déjà exploitées par le passé (zones hachurées) - Aucun(e)
Le périmètre concerné par le permis de recherche d'or s'étend sur un périmètre de 261 km² et exclut les concessions déjà exploitées par le passé (zones hachurées) - © SAS Cordier Mines

Des riverains se mobilisent contre ces recherches

Dans ce secteur où des mines ont été exploitées jusqu'au début des années 2000, la nouvelle passe mal. Des riverains regroupés au sein de l'association Stop Mines 87 craignent les conséquences d'un tel projet. La première préoccupation concerne l'environnement selon Alain Dorange, habitant de Ladignac-le-Long et membre de cette association. "Pour les mines les plus productives, on compte dix grammes d'or pour une tonne de déchets. Des déchets qui ne sont pas anodins qui contiennent d'autres éléments, en particulier de l'arsenic. Quand les mines ferment, ces résidus sont lessivés et envoyés dans la rivière", selon lui. Les opposants déplorent aussi le sacrifice de terres qui seraient plus utiles à l'agriculture à leurs yeux.

Les bénéfices espérés de la ruée vers l'or ne sont que de la poudre aux yeux pour Stop Mines 87

"Les emplois potentiellement créés avec les mines d'or ne seront pas durables", prévient Antoine Gatet, juriste et administrateur de stop mines 87. Il appelle donc la population à s'opposer aux recherches, comme l'ont fait des Creusois il y a quelques mois sur un autre projet porté par la Cominor, à Villeranges. Tous les propriétaires sollicités ont refusé les forages de recherche sur leurs terrains. Pour Antoine Gatet, c'est donc le moment de se mobiliser, afin d'éviter que des filons intéressants soient découverts et que l'État autorise leur exploitation. Stop Mines 87 organise d'ailleurs une réunion publique d'information à Saint-Yrieix-la-Perche samedi 21 janvier, de 10h à 14h, espace François Ferraud.

Les maires concernés sont partagés

Six des dix communes concernées par ce permis de recherche se sont ouvertement opposées au projet ces derniers mois, en votant des motions en conseil municipal. D'autres ne se prononcent pas officiellement, tandis que le maire de Saint-Yrieix-la-Perche se dit favorable à ces recherches. Daniel Boisserie estime que la découverte de nouveaux gisements pourrait créer des emplois. Il prévient toutefois qu'il faudra aussi que les collectivités puissent profiter de cette manne si des mines venaient à rouvrir et qu'il sera vigilant sur ce point et sur le respect des normes environnementales le cas échéant.

Le patron de Cordier Mines se veut rassurant

Le président de Cordier Mines, Yves Hirbec se dit prêt à écouter les riverains inquiets et à prendre le temps de discuter pour les convaincre qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter. Pour lui, "il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs", sachant qu'il faut au moins un an et demi avant d'envisager de creuser le moindre trou et cinq à dix ans pour trouver un gisement, sans aucune certitude de rouvrir un jour une mine dans le secteur.