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La Redoute est sauvée

Par Eric Turpin, France Bleu Nord mardi 25 mars 2014 à 10:30

Le site logistique de la Redoute à Wattrelos dans le Nord
Le site logistique de la Redoute à Wattrelos dans le Nord © Sebastien Jarry - MaxPPP

Après des semaines de tensions et d'hésitations, la CFDT a finalement signé hier soir l'accord sur le plan social qui prévoit 1178 suppressions d’emplois à la Redoute. La société de vente à distance qui emploie 3500 salariés dont les deux tiers dans la métropole lilloise, ne dépose donc pas le bilan. La reprise de la Redoute va se faire dans les prochains jours.

La CFDT a accepté de signer l’accord sur le plan social de la Redoute  après un long week-end d’hésitations, au grand dam de la CGT. Mais le syndicat a obtenu deux avancées. D’abord, les 180 millions d’euros prévus pour le plan social seront réservés exclusivement aux salariés, même si tout l’argent n’est pas dépensé immédiatement. Ensuite, la question des horaires de travail disparaît du plan social.

Le groupe Kering, l’actuel propriétaire de la Redoute ne verse pas un centime de plus. Les salariés toucheront minimum 20 000 euros de prime de départ par salarié. La CFDT a signé mais elle parle quand même d'une décision difficile. Une bonne partie des salariés étaient opposés à cette signature. C’est un crève-cœur pour Jean Claude Blanquart, le délégué central CFDT :

« Le tribunal de commerce nous avait informé que le dépôt de bilan était une réalité. On a les documents officiels. Ce n’était pas un coup de bluff. C’était important pour la CFDT de prendre la décision même si elle est difficile, pour sauver cette entreprise ».

« On parle beaucoup des 20 000 euros mais on oublie tout ce qu’il y a à côté » , rappelle Jean Claude Blanquart, exemples à l’appui. « Un salarié qui a 10 ans d’ancienneté touchera 27 500 euros. L’indemnité s’élève à 44 000 euros pour un salarié qui a 30 ans d’ancienneté et 56.000 euros pour 40 ans d’ancienneté. Ce n’est donc pas 20.000 euros comme on l’entend partout » .

Par ailleurs, le plan social prévoit 18 mois de congés de reclassement. Le salarié qui retrouve rapidement un emploi touchera également 75% de son congé de reclassement en plus de ses indemnités de licenciement. Un employeur qui reprendra un salarié de la Redoute n’aura pas à payer les charges sociales pendant six mois. Elles seront prises en charges.

"J'entends le mécontentement des salariés mais il faut savoir prendre ses responsabilités"

« Dans ce dispositif il y a possibilité pour 680 salariés de partir en pré-retraite à 55 ans. Je pense qu’une partie des salariés ne sont pas satisfaits. Mais il faut savoir prendre une décision ».

« Je ne pense pas avoir trahi » , ajoute Jean Claude Blanquart. « La Redoute c’est 4000 personnes. C’est pas seulement 2400 salariés à Roubaix et Wattrelos. C’est aussi les salariés à l’international. C’est aussi les gens de Relais Colis. C’est l’ensemble des sous-traitants qui travaillent pour la Redoute. Cela fait 6000 personnes au total » .

« Enfin, c’est aussi des impôts en moins pour Roubaix et Wattrelos qui sont déjà des villes sinistrées » , conclue le délégué central CFDT de la Redoute. « Alors j’entends le mécontentement des salariés. Mais il faut aussi être responsable » .

La Redoute est sauvée - un reportage d'Antoine Sabbagh

Après La signature de la CFDT, en plus de celle de la CFE-CGC, Nathalie Balla, l’actuelle PDG de la Redoute et Eric Courteille, vont prendre les rennes de l’entreprise dans les prochains jours. Le groupe Kering, son actuel propriétaire, versera bien 500 millions d'euros dont 315 millions d’euros d’investissement pour moderniser l’entreprise.

"Il faut être responsable"

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