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La relance éco : A l'Esat de la Couronnerie de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, le confinement laissera des traces

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Dans les Esat, les Etablissements d'aide et de service par le travail, l'épidémie de coronavirus a souvent été difficile à gérer. Car ces entreprises d'insertion par le travail offrent aux travailleurs handicapés un suivi médical et social, en plus d'un emploi. Le confinement a rompu ce lien.

L'ancienne usine Panhard à Saint Pryvé Saint Mesmin, devenue siège de l'ESAT la Couronnerie L'ancienne usine Panhard à Saint Pryvé Saint Mesmin, devenue siège de l'ESAT la Couronnerie
L'ancienne usine Panhard à Saint Pryvé Saint Mesmin, devenue siège de l'ESAT la Couronnerie © Radio France - Anne Oger

A l'Esat de la Couronnerie à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, une centaine de travailleurs handicapés sont employés dans les ateliers, essentiellement à des tâches de conditionnement pour l'industrie cosmétique. Pour eux, comme pour les éducateurs et les soignants qui les prennent en charge tout au long de l'année, tout s'est arrêté le 16 mars dernier. 

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Philipe Balin est le directeur général de l'APIRJSO, très grosse association qui emploie environ 800 personnes sur plusieurs départements et même plusieurs régions dont le Centre-Val de Loire, et prend en charge autant de bénéficiaires dans plusieurs établissements, dont l'Esat de la Couronnerie. Il reconnaît avoir été pris de court par l'épidémie. 

Philippe Balin le directeur général de l'APIRJSO, association qui gère notamment l'ESAT de la Couronnerie à Saint Pryvé Saint Mesmin © Radio France - Anne Oger

"On n'était pas prêts, comme le gouvernement, comme toutes les administrations" reconnait l'administrateur. "On a fermé l'Esat le 16 mars et renvoyé les travailleurs handicapés__. Une petite minorité est retourné dans sa famille, d'autres se sont retrouvés seuls chez eux, et un bon nombre se sont retrouvés dans leur foyer de vie sociale, mais c'est un lieu qui n'est pas fait pour les accueillir toute la journée. Cet établissement et surtout le personnel s'est donc retrouvé avec une obligation de fonctionner à plein temps alors qu'il n'avait pas les effectifs pour ça"

Un accompagnement qui parfois a fait défaut

Surtout, travailler dans un Esat, c'est avoir un emploi, mais c'est surtout être en contact avec d'autres travailleurs handicapés, avec des éducateurs, des soignants. Qui savent repérer les situations difficiles, les personnes qui ont un problème. "Cet accompagnement-là, il a été coupé. Tout le personnel s'est mobilisé pour maintenir le lien, par téléphone, en présentiel, très régulièrement, mais on a vu des situations difficiles" raconte Philippe Balin.

"On a quelques exemples d'adultes qu'on a trouvés en état de déshydratation, de sous-alimentation, seuls chez eux__. Et puis il y avait l'angoisse, face à la maladie, mais face aussi aux informations qu'ils recevaient 24 heures sur 24. Ça a favorisé l'anxiété. Vraiment ça a été difficile pour tout le monde" dit le responsable de l'association. 

Pas de pression sur le rendement après cette période

Aujourd'hui une partie seulement des travailleurs handicapés sont revenus dans les ateliers. Ceux qui sont considérés comme personnes à risque restent confinés. Mais les commandes des clients, elles, affluent, et certains aimeraient bien voir les cadences augmenter. Mais l'Esat ne veut pas céder à la pression. 

"La plupart de nos clients ce sont des entreprises avec qui on travaille depuis longtemps, donc on leur explique que pour nous, la priorité du moment, c'est le bien-être de nos usagers, certainement pas le rendement. Mais certains insistent. A cette période normalement, nos travailleurs travaillent au conditionnement des cadeaux de Noël dans la cosmétique, c'est une grosse période d'activité" explique Philippe Balin. 

L'APIRJSO a déjà dit que l'association comblerait le manque-à-gagner de l'entreprise Esat, lié au confinement et à un retour encore très partiel à l'activité. La difficulté de ce genre d'établissement, c'est qu'il finance une partie de son fonctionnement grâce au chiffre d'affaire de l'entreprise, pour payer les salaires, etc. 

L'autre moitié, le volet médical et social, est versé par l'Agence régionale de santé. "Notre conseil d'administration a déjà qu'il compenserait les pertes, pas question de mettre la pression ni sur nos usagers ni sur le personnel, qui lui aussi est à bout de forces" promet Philippe Balin. 

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