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Dossier : La nouvelle éco : comment le coronavirus bouleverse l’économie

La relance éco : le bâtiment travaille à flux tendu cet été mais s'inquiète pour l'avenir

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Par , France Bleu Hérault

Chaque matin, à 7h15, France Bleu Hérault s'intéresse à un secteur d'activité économique du département de l'Hérault. Après la crise sanitaire, le secteur du bâtiment durement touché vit un paradoxe, trop de chantiers cet été pour pouvoir tous les honorer mais une inquiétude pour la suite.

Les entreprises du secteur du bâtiment travaillent à flux tendu cet été et s'inquiètent de la suite
Les entreprises du secteur du bâtiment travaillent à flux tendu cet été et s'inquiètent de la suite © Maxppp - MICHAEL ESDOURRUBAILH

Comme tous les jours France Bleu Hérault s'intéresse à la reprise de l'économie dans notre département. Ce matin, on s'intéresse au secteur du bâtiment dont l'activité a été presque à l'arrêt pendant le confinement. Mais, aujourd'hui, les entreprises du secteur ont plutôt du mal à faire face à toutes les commandes. Entretien avec Thierry Ducros, le président de la fédération du bâtiment de l'Hérault.

Comment ça se passe pour le secteur du bâtiment après le confinement, après la crise sanitaire ? Est-ce que les activités ont repris aujourd'hui ? 

Oui, les activités ont repris et aujourd'hui, on dirait même que le bâtiment est à flux tendu, ce qui est embêtant parce que les entreprises sont sous pression. On a l'impression que certains maîtres d'ouvrage ont oublié que l'activité s'est arrêtée pendant quasiment un mois et demi. Et aujourd'hui, tout le monde veut tout, tout de suite, et ne tient pas compte de ces arrêts de chantier. 

On a des plannings qui deviennent complètement irréalisables où il faudrait que certaines entreprises multiplient leurs effectifs par deux pour satisfaire les demandes des maîtres d'ouvrage. Il y a eu l'arrêt pendant un mois et demi, mais en plus, certaines entreprises qui assurent également des marchés de maintenance pour les collèges, les universités et les écoles ont des contrats qu'ils doivent réaliser l'été et donc cumuler le travail qui n'a pas été fait pendant la période de confinement, plus ces travaux d'été, ça devient vraiment très problématique pour certaines entreprises.

Se rajoute à ce problème-là, le problème des approvisionnements car le secteur industriel a repris plus tard que le monde du bâtiment. Par exemple, jusqu'à présent lorsque l'on commandait des façades coulissantes de placard, nous avions un délai d'une dizaine de jours pour obtenir une livraison, ce délai est passé à 6 semaines. Allez expliquer à un maître d'ouvrage que les délais ont été multipliés quasiment par 10.  Il ne veut pas vous croire, donc il y a aujourd'hui un petit peu de tension sur les chantiers parce qu'il y a des exigences de délais qui sont irréalisables.  

Beaucoup d'entreprises ont pris la décision de ne pas fermer cette année, de maintenir des congés pour leurs salariés, et de faire des déroulements. C'est la première année qu'on voit si peu d'entreprises qui ferment dans le secteur du bâtiment l'été.

Les maîtres d'ouvrage impatients se trouvent dans quel secteur ? 

C'est un peu tout. Il y a le secteur privé, le monde des promoteurs, ce qui est compréhensible parce que durant la période d'activité, ils n'ont pas pu terminer leur programme et par voie de conséquences, n'ont pas pu vendre leur appartements. C'est vrai, c'est compréhensible, mais on ne peut pas faire travailler les salariés 24 heures sur 24. Je sais déjà que des entreprises, pour essayer de compenser ces délais, font travailler certaines équipes en 2/8 en production, de de manière à compenser un petit peu ces écarts de délais. Mais tout le monde ne peut pas le faire. Tout le monde n'a pas les moyens d'avoir des ateliers de production. 

C'est très compliqué aujourd'hui parce que les chantiers n'ont pas retrouvé le rythme d'avant confinement. Tout le monde a oublié que l'activité s'était arrêtée pendant un mois. Il y a un cumul et on espère que ça va se calmer

Comment va se passer l'avenir ? Quelles sont les perspectives pour l'automne et l'hiver ? 

Aujourd'hui, les entreprises n'ont pas eu les chiffre d'affaires du mois d'avril est en partie du mois de mai, ce qui va manquer dans les trésoreries des entreprises. Ça ne se ressent encore pas trop parce que certaines entreprises ont fait appel au PGE, le Prêt Garanti par l'Etat, pour compenser les manques de trésorerie. Par contre, l'activité reprend un petit peu, mais les entreprises ne vont pas doubler leurs chiffres d'affaires. Donc, il va y avoir d'ici à la fin de l'année des problématiques de trésorerie dans les entreprises. Ça, c'est très net. Et l'autre souci c'est qu'il va bien falloir les payer un jour puisque, à partir du 15 octobre, il y aura les charges à payer du troisième trimestre. Et il va y avoir également des décalages. C'est là qu'on risque d'avoir des problématiques de trésorerie

Si les partenaires financiers comme les banquiers et les fournisseurs ne jouent pas le jeu, on risque d'avoir une perte d'entreprises relativement importantes  avec des dépôts de bilan et des défaillances d'entreprises à la rentrée. C'est une grosse inquiétude du secteur du bâtiment.

Les permis de construire qui devaient être instruits pendant le confinement ont-ils pu l'être ?

C'est un gros souci des chefs d'entreprise là aussi parce qu'aujourd'hui, ils vivent sur leurs réserves. Avant la grosse crise, la moyenne nationale était aux alentours de 8 mois de carnet de commandes mais aujourd'hui, ces réserves s'amenuisent de jour en jour. Et l'inquiétude des chefs d'entreprise est liée au niveau des appels d'offres qui ne sont pas aujourd'hui aussi conséquents qu'ils devraient l'être. C'est vrai que pendant la période de confinement, les permis de construire n'ont pas été délivrés au même rythme qu'en période normale. Et de ce fait, les appels d'offres ne suivent pas. 

Donc là, les entreprises vont tenir jusqu'à fin 2020 mais la crainte c'est pour le but d'année 2021. Il y a très peu de perspectives, ce qui risque de faire chuter les prix ce qui est encore plus grave parce que la marge des entreprises du bâtiment ne dépasse pas 3 %. Je crains donc qu'en début d'année 2021, on ait une nouvelle vague d'entreprises avec de grosses difficultés.

De son côté, le Conseil départemental de l'Hérault a compris le message et a déjà affecté sur l'année 2020 des travaux qui étaient programmés sur 2021. Ce qui est vraiment à signaler.

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