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Dossier : La relance éco, France Bleu à l’heure du déconfinement

"La relance éco" : le label creusois Ad Vitam fait le dos rond en attendant des jours meilleurs

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Par , France Bleu Creuse

Le label creusois de musique classique Ad Vitam doit affronter un marché du disque exsangue et des concerts toujours suspendus après le confinement. Il mise sur une stratégie marketing alléchante pour limiter la casse.

L'une des prochaines sorties du label creusois Ad Vitam
L'une des prochaines sorties du label creusois Ad Vitam - Ad Vitam

C'est un petit joyau, niché à Saint-Avit-de-Tardes, près d'Aubusson (Creuse) : le label de musique classique Ad Vitam Records, fondé en 2003 par Anne Dieumegard et Jean-Yves Labat de Rossi, tente de résister tant bien que mal à la crise qui touche le monde de la musique. En effet le déconfinement ne veut pas dire une reprise immédiate de ses activités.

Plus de production, et une diffusion des disques en chute libre

Pour ce label indépendant, la crise sanitaire est venue bouleverser toute la production : "Nous enregistrons avec un studio mobile des musiciens en conservatoire, ou dans les salles de concert, qui sont tous fermés, explique Anne Dieumegard. Donc tous le processus de production est à l'arrêt." En revanche, elle s'estime heureuse de pouvoir encore travailler sur des disques en cours de production, enregistrés il y a quelques mois. 

Jean-Yves Labat de Rossi et Anne Dieumegard, du label Ad Vitam Records.
Jean-Yves Labat de Rossi et Anne Dieumegard, du label Ad Vitam Records. - Ad Vitam Records

Difficile, également, de compter sur la diffusion des disques : Ad Vitam Records réalise une bonne partie de ses ventes à la sortie des concerts. Leur annulation pendant le confinement prive donc le label d'une source de revenus conséquente. Qu'en est-il des autres formes de diffusion ? "Les disquaires ont rouverts, certes, concède Anne Dieumegard. Mais il va falloir un moment pour que les gens se remettent à acheter des disques. C'est pareil quand les salles de spectacle reprendront."

Le numérique n'est pas non plus la porte de secours espérée : "c'est malheureusement très marginal en terme de retombées économiques pour les labels". Preuve à l'appui : "la semaine prochaine sort un nouveau disque du quatuor de guitare Eclisses. Pour la première fois, on a dissocié la sortie physique, qui se fera le 29 mai, de la sortie numérique, qui a eu lieu il y a trois semaines. Je sais que sur les plateformes, ils ont un succès fou ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Les gens écoutent essentiellement en streaming". Soit aucune retombée pour les musiciens ou le label.

Le label veut "provoquer" les ventes sur son site internet

L'horizon semble bien noir pour le label creusois. Mais Anne Dieumegard tient à relativiser : "Déjà, nous n'avons pas d'employés, et on a notre métier au cœur et aux tripes ! Si on avait voulu faire de l'argent avec ce label, on aurait arrêté tout de suite !" La productrice pense aussi aux artistes qui font les frais de cette période creuse : "je les ai souvent au téléphone, pour les rassurer, et tenter de relancer des projets."

Ad Vitam Records s'est aussi engagé dans une stratégie ambitieuse sur son site internet, afin de stimuler les ventes : "Jusqu'à fin mai - mais je pense qu'on va étendre l'opération - quand nos clients achètent un disque, ils ont un autre CD offert. Quand ils en achètent deux, c'est deux offerts. C'est tout de même une bonne affaire, avec les frais de port gratuits !" Anne Dieumegard constate que les clients ne s'y trompent pas. "C'est difficile, mais on espère aller au-delà de cette mauvaise passe. C'est comme une profession de foi !" finit-elle par résumer, en souriant.

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