Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie - Social

La Rochelle : les artisans du BTP bloquent toujours le dépôt pétrolier de La Pallice

-
Par , France Bleu La Rochelle

Le blocage du dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle se poursuit ce mardi. Les artisans du BTP protestent contre leur avantage fiscale sur le GNR, le gazole non routier. Une délégation a été reçue au ministère de l'économie hier, mais les discussions coincent encore sur certains points.

Une trentaine de professionnels du BTP bloquent le dépôt pétroliers de La Rochelle pour protester contre la suppression du gazole non routier
Une trentaine de professionnels du BTP bloquent le dépôt pétroliers de La Rochelle pour protester contre la suppression du gazole non routier © Radio France - Sonia Ghobri

La Rochelle, France

Une trentaine de chefs d'entreprises de travaux publics se sont donné rendez-vous à minuit dimanche pour venir bloquer le dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle, avant que les camions-citernes qui approvisionnent les stations-service n'arrivent. Des camions, des bennes et des tractopelles sont garés en travers de la route, les chauffeurs routiers n'ont pas d'autre choix que faire demi-tour. 

Blocage du dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle par les entrepreneurs du BTP - Radio France
Blocage du dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle par les entrepreneurs du BTP © Radio France - Sonia Ghobri

Certains d'entre eux s'étaient déjà mobilisés jeudi soir jusqu'à vendredi en fin de journée. Ils ont finalement accepté de lever leur blocage après des négociations avec la police. Trois jours plus tard les artisans du BTP, venus de Charente, de Charente-Maritime, de Vendée et des Deux-Sèvres - campent à nouveau devant le dépôt pétrolier. Ils discutent sous la tonnelle qu'ils ont installée. Au menu : saucisses et soupe chaude, bienvenues lorsqu'il fait trois degrés. "L'avantage c'est que dans le bâtiment on travaille dehors tous les jours", ironise Nicolas Roirand, patron d'une entreprise de travaux publics en Vendée. 

Des négociations organisées au ministère de l'économie

"Et on est motivés, on sent que nos représentants là-haut, bossent pour nous". Les manifestants sont restés toute la journée, en contact par téléphone avec leurs représentants syndicaux à Paris. Une réunion était organisée avec le ministre de l'économie, Bruno Le Maire. 

Cela représente 50.000 de bénéfices en moins par an pour une entreprise de vingt personnes 

Ils protestent contre la suppression progressive d'ici 2022 du gazole non routier (GNR) pour le BTP. Ce carburant surnommé le gazole rouge est beaucoup moins taxé que le gazole que l'on peut mettre dans nos voitures. "Pour le gouvernement, c'est une niche fiscale. Il veut qu'on passe au prix du gasoil blanc mais pour nous c'est impossible. Une entreprise de vingt personnes aujourd'hui consomme environ 100.000 litres de GNR par an, ça représente 50.000 de bénéfices en moins par an (pour une entreprise de vingt personnes toujours). C'est un salaire et même ce sont les primes de fin d'année pour nos gars, que Monsieur Macron nous demande de leur verser. Avec cette mesure passe, on ne sera plus capacité de la donner", explique Nicolas Roirand. 

Les patrons du BTP dénoncent la suppression de leur avantage fiscal sur le gazole non routier  - Radio France
Les patrons du BTP dénoncent la suppression de leur avantage fiscal sur le gazole non routier © Radio France - Sonia Ghobri

Les patrons du BTP semblent toutefois résignés. Ils ne croient pas que le gouvernement reculera sur cette mesure. "De toute façon on n'a pas trop le choix ..." Mais Thierry Doublet, dont l'entreprise se trouve à Soulignonne, a encore du mal à la digérer : "on nous parle d'écologie. On voudrait bien avoir des machines écologiques mais déjà ça n'existe pas à l'heure actuelle et puis de toute façon on ne serait pas en capacité de les financer. _Une machine de base, de 15 tonnes, coûte 200 000 euros, on pense à l'hybride par exemple, et bien le prix serait multiplié par deux voire trois_".

Une nouvelle couleur de carburant 

Lors des négociations menées au ministère de l'économie, les artisans du BTP ont obtenu satisfaction sur un point. Le ministre promet qu'une couleur de carburant sera créée spécifiquement pour les engins de travaux publics.

Il s'agit de l'une de leurs demandes pour lutter contre "la concurrence déloyale des entreprises agricoles" qui ne sont pas concernées par la suppression du gazole non routier. "On veut que les agriculteurs gardent cet avantage du GNR, le milieu agricole en a besoin. Seulement, il faut que les propriétaires de machines de travaux publics même s'ils sont du milieu agricole soient sur les mêmes bases que nous", précise Nicolas Roirand. 

Si les agriculteurs tournent avec un gasoil 55 centimes moins cher que nous, sur les marchés on ne pourra pas répondre

Par exemple, le céréalier qui possède une pelleteuse pourra utiliser du GNR pour faire des travaux sur son exploitation. En revanche, s'il utilise cette même pelleteuse pour du terrassement ou des travaux d'assainissement chez un client, il aurait l'obligation de mettre ce "nouveau carburant" dont la couleur reste à définir. Cette couleur permet détecter les fraudes. _"_Il me semble logique que tous ceux qui font le même métier soient logés à la même enseigne". Thierry Doublet poursuit : "Quand toutes les taxes seront appliquées sur le GNR, on va arriver avec 55 centimes d'écart donc sur une pelle qui fait à peu près 20 tonnes, ça va coûter 100 euros de plus par jours multiplié par 220 jours, voyez ce que ça fait par an. Donc si les agriculteurs tournent avec un gasoil 55 centimes moins cher que nous, sur les marchés on ne pourra pas répondre".

Quel calendrier ? 

Mais ça coince encore sur le calendrier. Le gouvernement prévoit de supprimer le gazole non routier progressivement d'ici 2022. Un délai trop court pour Nicolas Roirand qui accuse le ministre de jouer sur les mots " On nous dit trois ans parce que la date à laquelle ça doit commencer _c'est le 1er juillet 2020. Ensuite, il y aura une deuxième augmentation au 1er janvier 2021 et la troisième et dernière, le 1er janvier 2022_. Alors d'accord, la hausse se fait sur trois années mais si on fait le calcul ça fait un an et demi". La première augmentation sera de 45% d'un coup, on ne va pas pouvoir la répercuter sur nos devis en six mois, nos clients ne vont pas comprendre.

Les chefs d'entreprises de travaux publics demandent un étalement sur cinq ans pour que l'augmentation de leurs tarifs passe en douceur auprès de leurs clients. "La première augmentation sera de 45% d'un coup, on ne va pas pouvoir la répercuter sur nos devis en six mois, nos clients ne vont pas comprendre", s'agace Nicolas Roirand.

Un vote sera organisé ce mardi avec leurs collègues mobilisés dans d'autres départements de France pour décider s'ils poursuivent ou non les blocages. 

Plusieurs stations-service sont en rupture de carburants en Charente et Charente-Maritime. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu