Économie – Social

La société Uber s'installe officiellement à Montpellier

Par Sylvie Duchesne, France Bleu Hérault et France Bleu mercredi 4 octobre 2017 à 10:45

 Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp -

Après avoir testé le terrain cet été, la société Uber s'installe officiellement à Montpellier. Les chauffeurs de taxi locaux dénoncent une concurrence déloyale.

C'est très discrètement que la plateforme Uber a posé ses jalons cet été à Montpellier. C'est près des discothèques la nuit, de l'aéroport et de la gare le jour, que les chauffeurs qui y sont affiliés ont été remarqués.

Le test semble avoir été concluant puisque la société a décidé d'annoncer officiellement son implantation. C'est la onzième ville en France à accueillir Uber.

La société revendique pour l'instant quelques dizaines de chauffeurs. Elle espère en attirer beaucoup plus très rapidement. Pour les accompagner dans leurs démarches, elle prévoit d'ouvrir un bureau permanent à Montpellier.

Les taxis dénoncent une concurrence déloyale

Cette arrivée suscite pas mal de craintes chez les chauffeurs de taxi. Ils dénoncent une concurrence déloyale. Eux mêmes avaient lancé une application il y a un an à Montpellier. Même si la majorité des chauffeurs s' y est inscrite, elle n'a pas vraiment décollé. Contrairement à Uber, le montant de la course ne peut en effet pas être défini par avance et payé en amont par carte bancaire.

Le reportage de Sylvie Duchesne

Les taxis dénoncent également le fait qu'une partie des bénéfices réalisés par Uber ne soit pas soumise à l'impôt, une partie des transactions étant gérée par sa filiale basée aux Pays-Bas.

"Nos tarifs, ils sont ce qu'ils sont, ils sont imposés par Bercy et là dedans, il y a les charges sociales, la TVA. Concrètement, on participe à l'économie de la France."

Serge Viguier, de la Fédération départementale des taxis de l'Hérault

Les chauffeurs d'Uber répondent que même si la société prélève 25% de leur chiffre d'affaires, ils vivent en France et sont soumis eux aussi à l'impôt.

"Nous, on vit en France. Avant de travailler à Uber, on va s'inscrire au registre du commerce en tant qu'auto-entrepreneur, on côtise au RSI, on a des frais à payer pour entretenir notre voiture. Ça permet à certains d'avoir un travail."

Reda Khachaï, chauffeur affilié à Uber.

Pour Raphaël Morel, le responsable du développement d'Uber pour l'ouest de la France, il y a de place pour tout le monde. "Dans toutes les villes du monde où nous sommes installés, on a créé un tel usage, qu'on a considérablement fait grossir la taille du gâteau. Uber finalement est une opportunité pour les taxis."