Économie – Social

Lait : dans la Somme, la polyculture limite la casse, mais la crise céréalière fait mal

Par Vincent Delorme, France Bleu Picardie lundi 22 août 2016 à 11:28

Le prix du litre de lait payé aux producteurs est passé de 34 à 26 centimes depuis 2014
Le prix du litre de lait payé aux producteurs est passé de 34 à 26 centimes depuis 2014 © Radio France

Des producteurs de lait de la Somme devraient rejoindre dans la semaine leurs collègues qui se mobilisent contre les prix bas pratiqués par Lactalis. L'action doit débuter ce lundi au siège du n°1 mondial, à Laval (Mayenne). Mais dans la Somme, la situation est un peu moins tendue. Explications.

Les producteurs de lait ruminent leur malaise depuis un moment. Et ils préviennent : ça risque de déborder ! Les agriculteurs de l'Ouest doivent commencer un blocus de l'usine Lactalis en fin de journée avec tracteurs et banderoles. Avant que des agriculteurs d'autres départements, notamment de la Somme, les rejoignent, en fin de semaine. Parmi eux, Olivier Thibaut, président de l'Union picarde des producteurs de lait. Il n'a jamais vécu une crise comme celle-là, même si la tradition de polyculture limite la casse.

Pour Olivier Thibaut, la polyculture maintient hors de l'eau la tête des producteurs de lait de la Somme

"On se rattrape d'habitude sur les cultures, mais cette année, la crise céréalière nous enfonce"

Deux fois plus de cessations d'activité

Les producteurs laitiers vont demander une revalorisation du prix du lait. Le litre leur est payé 26 centimes en moyenne, au lieu de 34 centimes en 2014. Alors que dans les même temps, les prix pratiqués pour les consommateurs n'ont pas baissé, souvent entre 70 et 80 centimes minimum le litre de lait demi-écrémé.

La crise s'installe et elle touche notamment les jeunes qui ne s'y retrouvent pas avec les coûts de production, le remboursement des emprunts. Le taux de cessation d’activité devrait même doubler cette année. Hugo Brisset a rencontré un jeune producteur de lait, à Ville-le-Marclet, dans la Somme.

Installé depuis l'an dernier, Elie Vermersch se serre la ceinture.

"Je gagne pas grand-chose, voire rien à la fin du mois..."