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Économie – Social DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Le bilan "catastrophique" des commerçants du centre de Toulouse

lundi 24 décembre 2018 à 19:54 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie

Ces six dernières semaines ont été marquées par les manifestations des gilets jaunes. Dans le centre-ville de Toulouse, les commerçants tirent la langue.

Le centre-ville de Toulouse, en période des fêtes de fin d'année.
Le centre-ville de Toulouse, en période des fêtes de fin d'année. © Radio France - Suzanne Shojaei

Toulouse, France

"C'était catastrophique." Cette responsable d'un magasin de vêtements, près de Jean Jaurès, se souvient de ce dernier samedi de manifestation dans le centre-ville de Toulouse. "On faisait rentrer les gens dans la boutique, on fermait le magasin, puis on rouvrait, là les gaz lacrymogènes rentraient à l'intérieur. C'était lamentable." Les commerçants sont unanimes ; ces dernières semaines ont été compliquées, fatigantes et décevantes financièrement. Les débordements en marge des manifestations des gilets jaunes ont gâché six samedis de recettes

Selon Philippe Léon, président de l'Association des commerçants de la rue Alsace Lorraine, il est possible que "200 à 300 commerces ferment et que 1.000 emplois soient supprimés." 

"On sonne la fin de la récréation, c'est fini" - Philippe Léon, président d'une association de commerçants

Dans son magasin de bougies parfumées, Benoît accueille encore les clients avec le sourire. Mais il n'a pas le cœur à rire. "Mon magasin va perdre entre 50.000 et 80.000 euros sur les deux derniers mois. La conséquence directe sera un licenciement, voire un deuxième si l'activité ne repart pas en début d'année."

"Nerveusement, on n'en peut plus." - Benoît, commerçant

Le samedi est évidemment le jour le plus important de la semaine pour les boutiques. Six samedis amputés avant Noël, "c'est irrattrapable", selon Laure, responsable d'un magasin de vêtements. "Il n'y a pas assez de jours au mois de décembre ! Les soldes arrivent et j'espère que ça ne sera pas pareil."

Le marché de Noël impacté

Dans les allées du marché, c'est la désolation. "Une catastrophe, répète Yves Patissier, qui vend des vêtements. On se pose la question de revenir l'an prochain."

Selon les commerçants, les casseurs se trompent de cible. "On n'est pas des banquiers. On travaille dix à douze heures par jour pour gagner notre vie. Et on n'est pas riches."

Près de 70% de chiffre d'affaires en moins

Vanessa est créatrice de bijoux. Ça fait six ans qu'elle investit chaque fois 6.000 euros dans un chalet sur le marché de Noël. L'année prochaine, elle ne viendra pas. 

"Je ne pourrai pas. Et je vais même peut-être arrêter mon activité, bosser de nouveau pour un patron alors que ça fait huit ans que je m'en sortais à mon compte."

Une aide de la mairie

Pour soulager quelque peu les commerçants du marché de Noël, la mairie ne prélèvera pas les droits d'emplacement, cette année. Ils s'élèvent, en moyenne, à 250 euros par chalet.

Le marché de Noël ferme ses portes ce mercredi soir.