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Économie – Social

Le bio peine à convaincre les clientes du salon de coiffure de Coudray en Mayenne

mardi 16 avril 2019 à 17:53 Par Victoria Koussa, France Bleu Mayenne

Quand l'effort pour passer au bio ne paie pas toujours. Chez "So BIO'tifful", le shampoing, les couleurs et même la cire à base d'ingrédients naturels sont proposés aux clientes. Pourtant, les ventes ne sont pas au rendez-vous. Reportage.

Myriam Garreau, coiffeuse et gérante de "So BIO'tifful", propose des couleurs à base de poudre naturelle à ses clientes
Myriam Garreau, coiffeuse et gérante de "So BIO'tifful", propose des couleurs à base de poudre naturelle à ses clientes © Radio France - Victoria Koussa

Coudray, France

Du bac au séchage, Myriam Garreau lave, coupe et coiffe éco-responsable. Dans son salon de beauté "So BIO'tifful" installé sur la place de l'église du petit village de Coudray (Mayenne), la jeune coiffeuse, qui a pris la suite après le départ de sa mère il y a deux ans, propose à ses clientes des produits naturels, meilleurs pour la santé et pour la planète. Plus chers, mais "plus efficaces", assure-t-elle, ils peinent à séduire l'ensemble de sa clientèle. "Certaines adorent, mais certaines s'en fichent, me disent que ce ne sont que des cheveux", raconte Myriam, très engagée dans l'écologie.

"Le dialogue se rompt tout de suite quand on parle du bio"

A chaque fois qu'une de ses clientes demande une couleur, la coiffeuse lui propose la version bio, entre 30 à 40% plus chère. "Mais moins la teinte est plus facile à entretenir par la suite", ajoute Myriam, "car les cheveux sont moins abîmés, il n'y a pas besoin d'autant de soins". Des poudres végétales sont à mélanger avec de l'eau plus ou moins chaude, en fonction de la couleur que l'on souhaite obtenir. La pâte peut même s'appliquer à main nue, contrairement aux couleurs conventionnelles, corrosives et dangereuses pour la peau. 

Malgré les bienfaits de cette couleur, des clientes refusent catégoriquement de se voir appliquer la pâte "qui sent parfois les épinards", rigole Myriam Garrau. "Parfois, le dialogue est tout de suite rompu quand on parle du bio, alors, comme je veux satisfaire tout le monde, j'ai gardé des tubes de couleurs conventionnels", avoue-t-elle, à contre-cœur. Avant d'ajouter : "Mais j'espère un jour passer à 90% de bio !" 

Des ventes en demi-teinte 

Comme dans les autres salons de coiffure, la Mayennaise vend des tubes de shampoing et autres crèmes pour les cheveux. "Des tubes tout simples, blancs, en matière recyclée", explique Myriam, "bien différents donc de ceux que l'on retrouve en grande surface, roses, avec des paillettes et des odeurs qui viennent d'on ne sait où". Ce qui, d'après elle, freine l'achat : les ventes ont chuté de 5% par rapport à celles de sa mère, il y a deux ans. 

Le prix pourrait aussi expliquer certaines réticences. Un tube coûte 3 à 4€ de plus qu'un shampoing industriel. Les comptables du salon insistent d'ailleurs auprès de la chef d'entreprise pour qu'elle vende des produits moins chers, donc conventionnels, mais en plus grande quantité. "Je renonce à ma marge par conviction", assume Myriam Garreau, "je le fais pour le bien-être de mes collègues, de mes clientes et de la planète"

ECOUTEZ - Reportage chez "So BIO'tifful" à Coudray, en Mayenne.