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Le Brexit, sans conséquence pour les viticulteurs héraultais, les inquiète pourtant

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Par , France Bleu Hérault

Des inquiétudes persistent chez les viticulteurs de l'Hérault, une semaine après l'accord commercial sur le Brexit. Pourtant il prévoit un libre-échange, sans tarifs douaniers ni quotas sur les exportations de vins. C'était justement ces droits de douanes qui inquiétaient particulièrement la filière

Bouteilles de vin - illustration -
Bouteilles de vin - illustration - © Radio France -

Après plus de quatre ans de négociations et une année de transition, le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Union européenne ce 31 décembre 2020 à minuit. La libre circulation des personnes n'est donc plus applicable avec le retour des passeports à partir d'octobre prochain. En attendant, la carte d'identité sera suffisante. Mais le Brexit apporte de profonds changements dans les échanges commerciaux, avec des contraintes pour les viticulteurs héraultais

Entre optimisme et inquiétude, les avis divergent, même si l'impact semble limité

Le Royaume-Uni est le deuxième marché des vins et spiritueux français avec 1,26 million d’hectolitres pour 755 millions d’euros de chiffre d’affaires entre janvier et septembre 2020. Les exportations y progressent fortement. Forcément, le départ de l'Union européenne a généré des craintes. Mais l'accord commercial conclu le 24 décembre par les gouvernements des 27 pays de l'UE rassure une partie de la profession. Une semaine après la signature de cet accord, c'est encore le flou pour de nombreux professionnels.

Des formalités administratives plus lourdes

"On devrait être épargné de taxes douanières et de nouvelles taxes sur nos produits. Et ça, c'est plutôt une très bonne nouvelle" se réjouit Cyril Payon, directeur général de la cave coopérative de l'Ormarine.

''C'est un accord inespéré pour la profession. Au pire une paperasse supplémentaire''

Cet accord sur les conditions de sortie, est positif pour l'économie française, car il lève des incertitudes et des barrières tarifaires. Il permet en effet un accès réciproque sans droit de douane, ni quotas aux marchés. La cave de l'Ormarine, (535 viticulteurs) exporte deux millions de bouteilles de vin par an.  25% de la production annuelle est exportée vers la Grande-Bretagne.

Des inquiétudes persistent, notamment autour des formalités douanières

"On nous annonce de nouvelles formalités administratives des deux côtés, c'est à dire du côté de l'acheteur et du côté du vendeur. Donc ça va compliquer un peu plus nos relation commerciales, surtout si l'acheteur n'a pas un grosse structure et qu'il n'est pas habitué à ce genre de choses. Et puis, j'ai cru comprendre qu'on allait nous demander des analyses spécifiques sur certains produits biologiques. Mais bon, tout ça, il faut encore que cela se précise parce que je crois que rien n'est arrêté."

Le Brexit ne sera pas un obstacle supplémentaire à l'exportation des vins héraultais

Il y a quelques jours, l’eurodéputée Irène Tolleret, qui préside l’intergroupe vin du Parlement européen ne cachait pas sa satisfaction : "Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne avec un accord dont la filière des vins et spiritueux peut se féliciter ! Tous ceux concernés par le Brexit peuvent être rassurés : leur monde ne va pas s’écrouler après le 31 décembre".

"Il ne devrait pas y avoir plus de contraintes, ajoute Cyril Payon, de la cave coopérative de l'Ormarine. Vous savez, quand on exporte du vin vers d'autres pays, chaque pays a des contraintes particulières. Bon, c'est vrai que jusque là, aller en Angleterre, c'était relativement simple. Il va falloir s'adapter un petit peu, mais des structures comme la nôtre, on est habitué à commercialiser du vin d'autres pays et à avoir une organisation différente en fonction."

Les Anglais, grands consommateurs de vin

"On préfère avoir quelques formalités administratives supplémentaires, qu'une taxation sur le prix de vente de nos bouteilles. Après, on va voir la lourdeur administrative que cela génère. Je n'en ai pas conscience à l'heure actuelle. Mon souci c'est plus quand nous avons à faire à des petites structures comme on a affaire à des petites structures qui ne sont pas trop familiarisées avec tous ces documents administratifs ou douaniers. J'ai cru comprendre que ça allait peut-être les compliquer un petit peu. Après, automatiquement, les grosses chaînes d'achats, les grosses maisons vont être rapidement formalisées et s'habituer rapidement à ce nouveau mode de fonctionnement. Les Anglais, vous savez, sont très fidèles. Nous, on a la chance, avec l'AOP Picpoul de Pinet et quelques rosés, à bien correspondre aux attentes du consommateur sur place. Donc, là-dessus, le fait que le prix ne va pas évoluer au niveau du consommateur, il ne devrait pas y avoir directement de perturbation.  Mais vous savez, le Covid nous perturbe bien plus que le Brexit : les bars et les restaurants sont fermés, c'est plutôt ça qui perturbe nos ventes au niveau de l'Angleterre." 

Des points de vue bien différents

''C'est très flou pour moment. Je suis plutôt inquiet', ajoute Jean-Bernard Abisses, président de Vignerons des Pays d'Enserunes (550 viticulteurs sur 3.100 hectares de vignoble). Les 230.000 hectolitres de vins produits en moyenne chaque année sont acheminés à Arzens dans l'Aude. L'union de sociétés coopératives agricoles de Forcalieu se charge de les commercialiser. Six à sept millions de bouteilles sont exportées de l'autre côté de la Manche.

"Le Brexit nous complique les exportations. Depuis leur volonté de se retirer de l'Union européenne, nous avons constaté une baisse des exportations.  Quand les Anglais ont voté le Brexit, les exportateurs anglais ont fait un stock de vin. Ils étaient sûrs qu'il allait se passer quelque chose. À partir de là, les ventes ont diminué."

"Nous sommes dans le brouillard."

''Je ne vous cache pas que je suis inquiet. Mais la crise sanitaire nous fait plus de mal que le Brexit''

Des frais supplémentaires à supporter 

"Les normes d'exportation seront différentes", indique Jean-Claude Mas. Le domaine Paul Mas installé à Montagnac, dans l'Hérault, exporte 90 % des vins dans 72 pays. L'Angleterre est dans le Top 3. "Nous allons devoir supporter des coûts supplémentaires. Il sera bien difficile de le faire autrement. Le client n'acceptera pas de payer la surcharge pour des questions administratives. Pour  le gros du marché ça va coûter cher. Pour les vins hauts de gamme ce sera indolore."

''On avait simplifié les relations. Elles se compliquent un peu, mais on va gérer''

"Le Brexit correspond à une situation qui existait déjà si ce n'est avec des emmerdes supplémentaires d'ordre administratif. On avait simplifié les relations. Elles se compliquent un peu, mais ce n'est pas si compliqué que cela. Je suis confiant. Ce que je souhaite, c'est que l'économie anglaise se porte bien. Cela nous avantagera avant tout."

Les domaines Paul Mas s’étendent sur plus de 478 hectares de vignes en propriété, auxquelles s’ajoutent les 1.312 hectares de vignobles des vignerons partenaires.

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