Économie – Social

Le centre de Perpignan perd 23 commerces par an

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mardi 18 février 2014 à 9:18

Place de la République à Perpignan
Place de la République à Perpignan © Lite / Creative commons

Depuis 2006, le centre-ville de Perpignan a vu 20% de ses commerces fermer, selon une étude menée en juin 2013 par la Chambre de commerce. La CCI dresse aussi un portrait économique des boutiques du centre.

Perpignan rime d'abord avec "indépendant" : 76% des boutiques du centre-ville sont tenues par des commerçants indépendants , même si on note une progression du nombre de franchisés depuis 2006. En ce qui concerne l'offre, on compte 892 commerces (de détail ou restaurants) dans le centre-ville. Près de la moitié se trouve dans l'hyper-centre. Le deuxième quartier le mieux doté est le boulevard Clémenceau, devant Saint-Martin/Saint-Mathieu, Saint-Jacques, et le quartier-gare, (en englobant le Centre del Mon).

Mais si les commerces sont indépendants, c'est aussi leur principale fragilité : l'immense majorité (86%) des commerçants sont des locataires, et sont donc tributaires des prix des loyers. La pression est parfois tellement forte qu'il n'y a pas d'autre solution que de plier boutique : entre 2006 et 2013, le nombre de commerces dans le centre-ville a baissé de 20%, soit 23 fermetures en moyenne chaque année.

Mais le commerce en centre-ville conserve un poids économique important : il représente 2.806 emplois, avec un chiffre d'affaires de 327 millions d'euros . En terme de taille, le centre-ville de Perpignan est le deuxième centre commercial du département, derrière le pôle de la Porte d'Espagne. Bref, il se défend malgré les difficultés.

Quelles sont les principales difficultés du centre-ville ?

Déjà, le poids des loyers pour les commerçants, comme indiqué plus tôt. Les consommateurs privilégient aussi clairement les grandes surfaces : 67% des personnes interrogées fréquentent les grandes galeries commerciales avec notamment Auchan à Perpignan-Sud et Carrefou à Claira qui sont largement citées. Le centre-ville n'est plus forcément vu comme le lieu des achats. Les gens qui viennent dans le centre viennent d'abord pour se promener, et c'est seulement ensuite que l'acte d'achat se concrétise, ou pas.

Ce qui freine les éventuels acheteurs, c'est le stationnement : son prix ou la difficulté à se garer. La CCI a déjà commencé à travailler sur ce levier, avec des tickets de parking gratuit que les commerçants peuvent donner à leurs clients. Mais c'est bien aux commerçants à faire le geste, et ils ne le font pas toujours : sur environ 75.000 heures de stationnement imprimées, seules 18.000 ont été utilisées pour l'instant . Il y a d'ailleurs un défaut de communication puisque beaucoup de clients pensent que cette opération parking était limitée à la période de Noël, alors qu'elle continue aujourd'hui. Enfin, la CCI veut aussi travailler sur l'animation du centre-ville : selon cette étude, 46% des consommateurs le réclament.

invité 7h45 Commerces

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