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Économie – Social

Le commerce se porte très bien à Pontarlier, et c'est grâce aux Suisses

vendredi 5 octobre 2018 à 10:51 Par Laurine Benjebria et Christophe Mey, France Bleu Besançon

A Pontarlier, le commerce se porte très bien. En 12 ans, le nombre de commerces est passé d'environ 400 à presque 850 dans l'agglomération. Une prospérité due en grande partie à la proximité de la Suisse.

Pontarlier - Photo d'illustration
Pontarlier - Photo d'illustration © Radio France - Pol Laurent

Pontarlier, France

A Pontarlier, les commerçants peuvent avoir le sourire. Sur le grand Pontarlier, en douze ans, le nombre de commerces est passé d'environ 400 à presque 850, donc plus du double. En matière alimentaire par exemple, l'offre commerciale sur l'agglomération, qui compte un peu moins moins de 30.000 habitants, est équivalente à celle d'une ville de 100.000 habitants. Pas de mystère, pour expliquer cette santé éclatante du commerce à Pontarlier, il faut regarder de l'autre côté de la frontière. Les frontaliers et la clientèle suisse sont les deux mamelles du commerce pontissalien

Les frontaliers sont la source de prospérité n°1

Sur le secteur de Pontarlier, on compte près de 8.000. les frontaliers. "On estime que les achats des frontaliers sont la première source de prospérité au niveau commercial, suivis par les Suisses" note Laurent Sage, directeur des études économiques à la CCI. La zone d'emploi de Pontarlier est dans les quinze premières de France en terme de revenus par habitants. C'est le pouvoir d'achat qui fait la différence. 

On se retrouve sur un niveau de consommation exceptionnel"

On identifie à peu près 35% de frontaliers à fort pouvoir d'achat, donc 35% de consommateurs  "classiques". Les 30% restants, ce sont nos voisins helvètes. Les Suisses à Pontarlier c'est surtout le samedi. "Le samedi à Pontarlier, c'est quelques kilomètres de bouchons, à l'entrée de la RN57, c'est des parkings qui sont plein partout" décrit Denis Gérôme, le président de la fédération commerce Grand Pontarlier. 

C'est un peu du tourisme d'achat. Les consommateurs suisses passent la journée sur place, ce qui leur permet de visiter les trois zones commerciales périphériques : les Grands Planchants, Houtaud et Doubs et les boutiques du centre ville... Sans compter le repas, inutile d'espérer trouver une table dans un restaurant pontissalien le samedi midi, tout est blindé.  

Le centre-ville y trouve donc aussi son compte

Si l'on en croit les Pontissaliens, le fossé entre les commerces du centre-ville et ceux de la périphérie serait beaucoup moins marqué. La Fédération Commerce Grand Pontalier regroupe les quatre associations de commerçants du centre et de la périphérie, mais la prospérité met aussi de l'huile dans les rouages. Philippe Gilles est président de l'association des Grands Planchants et vice président de la CCI du Doubs. Pour lui, "il y a moins d'intérêt à se battre contre les zones périphériques parce que tout le monde travaille bien".

Les chiffres confirment cette bonne santé du centre où l'on voit bien moins de boutiques à louer que par exemple à Besançon. "Pontarlier s'est distinguée cette année avec un taux de vacance commerciale inférieur à 5% alors qu'on sait que la moyenne nationale est entre dix et douze" se félicite Nathalie Bernard, directrice du développement des entreprises à la CCI du Doubs

Mais tout n'est pas non plus tout rose : par exemple dans le secteur du vêtement. "Le vêtement c'est compliqué parce qu'on a des mastodontes de marques nationales qui déstabilisent un peu nos commerces du centre-ville" note Denis Gérôme. Alors le centre-ville a essayé de relever le défi : "dans l'accueil, dans le service, dans l'explication du produit qu'ils ont à vendre".

Pontarlier, l'Eldorado frontalier du commerce?

Pour l'instant tout va bien donc à Pontarlier, mais avec une clientèle composée pour les deux tiers de frontaliers et de suisses, quand la Suisse s'enrhume Pontarlier tousse. "On est dépendant de ce travail frontalier qui fait que le taux de change a pour nous une grosse importance" explique Jean-Louis Gagelin, le patron de l'entrepôt du bricolage. Par exemple, au début de l'année 2018, Jean-Louis Gagelin note qu'il a connu un petit ralentissement à cause d'un taux de change moins intéressant pour le consommateur suisse.

Malgré les à coups, la progression a quand même été relativement régulière sur les vingt dernières années, mais Pontarlier commence à manquer de place. "On est sur un foncier qui commence à diminuer énormément, on a une contrainte de terrain avec l'aérodrome" regrette Denis Gérôme.  

On sent que le développement du commerce est en train de se réduire naturellement à cause du foncier"

Sauf que plusieurs entreprises cherchent à s'implanter dans le Grand Pontarlier. C'est le cas notamment de la marque de restauration rapide Burger King, qui ouvrira bientôt ses portes à Houtaud. Une future installation que ne voit pas forcément d'un bon oeil le maire de Pontarlier, Patrick Genre. "Le problème qu'on a en tant qu'élu, c'est que depuis des années nous n'avons la capacité de dire un peu avec les professionnels comme les CCI, ce que nous pensons de l'installation de telle ou telle enseigne". L'édile pontissalien reste positif, il attend beaucoup d'une future mesure, qui introduira un avis consultatif des élus pour les commissions d'aménagement commercial. "Qui peut mieux que l'élu peut sentir le marché local, dire si l'implantation de telle ou telle enseigne va apporter un plus en termes d'attractivité" assure Patrick Genre.

Autre handicap, c'est la RN 57 et ses célèbres bouchons. Les services de l'Etat doivent d'ailleurs faire des annonces à ce sujet la semaine prochaine.

Lors de la matinale spéciale en direct de Pontarlier sur France Bleu Besançon, débat sur le contournement routier de Pontarlier avec Valérie Pagnot, représentante de l'association "L'Amicale des frontaliers" et Anthony Poulin, élu écologiste :