Économie – Social

Même en vacances à l'étranger, on peut manger du comté dans le monde entier

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Besançon et France Bleu lundi 22 août 2016 à 18:46

Dans les caves du Fort Saint-Antoine.
Dans les caves du Fort Saint-Antoine. © Maxppp - SIMON DAVAL

Par curiosité, par envie soudaine, vous avez peut-être cherché du comté pendant vos vacances à l'étranger. On en trouve dans 70 pays du monde, sous des formes et à des prix très variables. En 2015, la filière comté a exporté 4682 tonnes de fromage.

A Bruxelles, à Londres, à New-York, à Berlin, à Tokyo, on trouve du comté presque partout, mais à l'étranger, ça peut vite devenir un produit de luxe. Vicky vient de Chicago, elle est en stage à Besançon en ce moment, et elle vient se ravitailler à La Cave aux Fromages à Besançon : "Le comté j'adore ça, j'en trouve à Chicago, mais seulement dans les supermarchés qui vendent des produits de luxe, ou alors dans les petites épiceries. Ça coûte 10 euros un tout petit morceau, alors on en mange pas tous les jours, c'est vraiment pour se faire plaisir."  Donc quand elle vient en France, elle fait quelques réserves, elle met le comté sous vide et le rapporte aux Etats-Unis.

On en voit parfois à 100 euros le kilo"

Si le comté coûte en moyenne 8 euros le kilo en sortie de cave, les prix grimpent vite sur les étals du monde entier. Les caves Rivoire-Jacquemin à Montmorot exportent 12% de leur production, "au même prix qu'en France" assure Véronique Rivoire, la présidente des caves. Mais elles ne maîtrisent pas les marges que se font ensuite les revendeurs, "on en a vu jusqu'à 100 euros le kilo, dans certains pays où le comté est exporté en très petite quantité et par avion, mais ça reste quand même anecdotique."

Les Belges sont les premiers importateurs de comté, suivis des Allemands et des Américains. Parmi les marchés qui se développent en ce moment, il y a l'Espagne, l'Angleterre, et le Japon. Au Moyen-Orient, on en trouve aussi, mais seulement dans les hôtels où logent les Européens, et dans les ambassades pour les réceptions, "parce que ce n'est pas un fromage halal", précise Véronique Rivoire. Le point noir, ça reste la Russie. Depuis deux ans et le début de l'embargo, il n'y a plus aucun comté qui part là-bas. "Ca c'est fait en une demi-journée, le midi on nous a renvoyé les commandes qu'on avait fait partir le matin", raconte Véronique Rivoire. Et depuis les négociations sont au point mort.

Un fromage qui voyage bien 

Si le comté a autant de succès à l'étranger, c'est grâce à son goût fruité bien sûr. Mais c'est aussi grâce aux valeurs qu'il véhicule explique Véronique Rivoire : "on est vraiment dans l'authenticité, on ouvre nos caves à nos clients, le comté c'est l'un des fromages français qui a une bonne image. Et puis il se transporte très bien, il peut supporter des voyages longs, plusieurs semaines sur un bateau par exemple, et ça fait baisser les coûts."  Un fromage au lait cru mais avec une pâte pressée cuite, ça rassure aussi des pays comme les Etats-Unis, très à cheval sur les normes sanitaires des produits qu'ils importent.