Économie – Social

Le conseil de discipline tourne à plein régime à La Poste en Limousin

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin vendredi 23 septembre 2016 à 18:53

Les sanctions s'accumulent pour les facteurs du Limousin
Les sanctions s'accumulent pour les facteurs du Limousin © Maxppp - Sebastien JARRY

Encore une très lourde sanction du côté de La Poste en Limousin. Après le facteur corrézien passé en conseil de discipline pour avoir "customisé", notamment avec un coussin, son engin de livraison du courrier, ce sont cette fois deux factrices de Bellac qui risquent gros.

Après le facteur corrézien passé en conseil de discipline pour avoir "customisé", notamment avec un coussin, son engin de livraison du courrier, ce sont cette fois deux factrices de Bellac qui risquent gros. La première, absente de son domicile, a demandé à la seconde de lui ouvrir un courrier avec accusé de réception. Résultat, cette dernière, Sandrine Tindiller, a écopé de 3 mois de mise à pied.

Cette mère de famille est désemparée :"J'ai une collègue et amie qui est en arrêt maladie depuis le mois de janvier. Son mari est aussi facteur et il avait ses 3 semaines de vacances. Quand ils ne sont pas là, je relève le courrier, je m'occupe du chat... Et un autre de mes collègues, son facteur m'a prévenu qu'elle avait reçu une lettre avec accusé de réception. J'ai donc appelé mon amie et à sa demande, j'ai signé le recommandé, et ouvert la lettre pour la lui lire au téléphone. Ce qui m'est reproché, c'est de l'avoir fait sans procuration. Lundi, je suis passé en conseil disciplinaire. Ils ont voté 3 mois de mise à pied. Pendant 3 mois, je ne peux pas travailler et je ne touche pas de salaire. Je suis toute seule. J'ai deux enfants. Comment je vais faire ? C'est un peu lourd."

Pas une faute en 20 ans avant cette mise à pied

Une sanction totalement disproportionnée selon Jean Claude Romain, délégué CGT de la Poste en Limousin :"Il y a certes une faute par rapport à la procédure habituelle de remise d'un courrier recommandé. Mais en l’occurrence, cela se passe entre deux factrices, qui sont amies, donc oui, il y a un défaut de procédure mais ce que nous aurions souhaité, c'est que dans un premier temps, cela s'arrête à un rappel au règlement voir un avertissement. Et ensuite, si il y a récidive, une sanction plus lourde. Mais j'ai regardé son dossier de près. Depuis 20 ans qu'elle travaille à La Poste, il n'y a pas un avertissement, il n'y a rien. Et là, il y a tout de suite grosse sanction. On ne peut pas éluder le fait que c'est une mère de famille qui élève seule ses deux enfants."

Et à Jean-Claude Romain de poursuivre. Selon lui, cette nouvelle affaire n'est surement pas le fruit du hasard :"Il semblerait qu'il y ai un retour à l'ordre moral au sein de la direction régionale courrier. On ne passe rien. La plus petite incartade donne lieu à des sanctions disproportionnées. Et des histoires comme celles là, il y en a un peu partout en France. Je crois que pour faire face à la baisse du courrier, qui est réelle, La Poste se dit qu'elle va devoir supprimer des emplois. Et finalement, la discipline est un bon moyen de supprimer des emplois à moindre coût."

La direction régionale assume les sanctions

La collègue de Sandrine Tindiller, qui lui a demandé d'ouvrir sa lettre, va elle aussi passer en conseil de discipline. Leur seul espoir, c'est que ces sanctions ne soient pas validées ou alors allégées par le directeur régional du courrier en Limousin qui sera le dernier à statuer dans cette affaire. La direction de la Poste ne souhaite pas communiquer sur cette sanction mais précise que les salariés s'engagent à respecter certaines règles à travers une prestation de serment lors de leur embauche. Et parmi elles, le secret des correspondances est très importante souligne la direction de La Poste en Limousin.

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