Économie – Social

Le crédit renouvelable dans le collimateur

Par Dominique Esway, France Bleu lundi 7 septembre 2015 à 16:58

Les crédits renouvelables, une fois de plus dans le collimateur de la Direction de la répression des fraudes. C'est par le biais des cartes de fidélité que les consommateurs se font piéger Dominique Esway

     Et pourtant c'est un domaine où les pouvoirs publics ont beaucoup réglementé. A commencer par la loi Scrivener puis la loi Lagarde. Visiblement cela n'a pas suffit et Benoît Hamon a lui aussi donné l'an dernier un nouveau tour de vis pour assainir les pratiques des organismes de crédit. La Direction de la consommation et de la répression des fraudes est donc partie sur le terrain pour vérifier si tout cela était correctement appliqué. Résultat : sur 199 contrôles dans des magasins mais aussi aux sièges des organismes, les inspecteurs ont relevé 12 % d'anomalies, délivré 17 avertissements, dressé 5 procès verbaux et envoyé 3 injonctions....

En fait ils sont accusés de faire de la vente forcée en quelque sorte ...

     Voici quelques exemples. Vous allez dans un magasin acheter de l'électroménager ou des meubles ou sur un site internet d'ailleurs et on vous propose de prendre la carte de fidélité de l'enseigne en vous expliquant que cela vous donne droit au paiement en trois fois sans frais, ou encore à la livraison gratuite, ou encore à un bon d'achat, ou au prêt d'un véhicule.... Mais on ne vous dit pas qu'en acceptant cette carte de fidélité, vous devenez automatiquement client d'un organisme de crédit et que vous signez pour un crédit renouvelable, souvent assorti d'un taux d'intérêt élevé. Or il est interdit de lier une carte de fidélité et un crédit renouvelable. Mais les consommateurs ne sont pas correctement informés sur les lieux de vente.

Et il y a d'autres critiques

     De plus en plus, quand les consommateurs signent avec un organisme de crédit, c'est sur une tablette numérique que le vendeur leur présente et non plus sur un contrat imprimé sur papier. Difficile de lire le contrat dans ces conditions. Autre reproche : au lieu de présenter deux options de paiement au client, au comptant ou à crédit, les organismes leur présentent quatre options ce qui complique les choses. Enfin dans les espaces où l'on signe ces contrats, les bureaux sont trop rapprochés les uns des autres. Or on vous demande de détailler votre situation familiale et financière, ce qui exige plus de confidentialité. Rien de franchement illégal mais la direction de la consommation et de la répression des fraudes va rester vigilante.

Dominique Esway