Économie – Social

Le département du Cher va débloquer 100.000 euros pour les agriculteurs

Par Michel Benoît, France Bleu Berry jeudi 8 septembre 2016 à 18:12

Michel Autissier, président du conseil départemental du Cher en visite à Vignoux-sous-les-Aix chez Nicolas Jabodon, agriculteur
Michel Autissier, président du conseil départemental du Cher en visite à Vignoux-sous-les-Aix chez Nicolas Jabodon, agriculteur © Radio France - Michel Benoit

Une centaine d'exploitations, les plus sinistrées, pourraient être aidées. Les principales productions du département, vignes, céréales et élevage, sont touchées cette année par les conditions climatiques désastreuses : gel, inondation, sécheresse.

Bien que l'agriculture ne soit plus de sa compétence, le département du Cher souhaite témoigner de sa solidarité à l'égard des agriculteurs. Le recensement des cas les plus critiques a déjà commencé, en liaison avec la chambre d'agriculture, et l'argent sera débloqué fin octobre.

Nicolas Jibodon (au centre) est en GAEC avec sa cousine Maude Prévost (pantalon rouge) sur 200 hectares de céréales et 13 hectares de vignes - Radio France
Nicolas Jibodon (au centre) est en GAEC avec sa cousine Maude Prévost (pantalon rouge) sur 200 hectares de céréales et 13 hectares de vignes © Radio France - Michel Benoit

500 euros en moyenne de perte à l'hectare, 30 % des agriculteurs dans le rouge. Le conseil départemental pense verser 1000 euros d'aides à une centaine d'exploitations, les plus en difficultés. Cela peut sembler dérisoire, mais l'intention est là. "C'est une main tendue" explique le président du département, Michel Autissier.

Les vendanges s'annoncent tellement mauvaises suite au gel, que ces cuves resteront vides cette année - Radio France
Les vendanges s'annoncent tellement mauvaises suite au gel, que ces cuves resteront vides cette année © Radio France - Michel Benoit

Nicolas Jabodon, à Vignoux_sous-les-Aix, va perdre près de 200.000 euros de chiffres d'affaires cette année : le tiers de son activité. Moitié moins de récolte en blé et orge avec une qualité très mauvaise. Et des vignes gelées fin avril. Certaines parcelles ne donneront aucun raisin. La viticulture qui permettait habituellement de compenser les pertes sur les autres productions ne le pourra donc pas cette année, d'autant que la propriété dispose de peu de stocks de vin des années précédentes. Ca s'annonce dur. L'exploitation n'a pas beaucoup de trésorerie, malgré de très bonnes années passées et tout cela pour des raisons fiscales. "On est incité à investir, quand on réalise de bonnes années, car cela réduit nos cotisations à la MSA et diminue notre imposition fiscale" explique Nicolas Jabodon. Un cercle vicieux qui étrangle la plupart des exploitations. Malheureusement, en cas d'année noire, aucun matelas n'est donc là pour amortir le choc.

L'exploitation va rogner sur ses investissements en matériel et sur leur entretien - Radio France
L'exploitation va rogner sur ses investissements en matériel et sur leur entretien © Radio France - Michel Benoit

Outre les agriculteurs, c'est tout le secteur de l'agriculture qui va trinquer, à commencer par les marchands de machinisme agricole.