Économie – Social

Le gang des grands-mères tricote du "made in Gard"

Par Solène Cressant, France Bleu Gard Lozère et France Bleu mardi 18 octobre 2016 à 21:40 Mis à jour le mercredi 19 octobre 2016 à 10:13

A ce jour, 300 noeuds papillons et 600 bonnets ont été confectionnés par les grand-mères gardoises
A ce jour, 300 noeuds papillons et 600 bonnets ont été confectionnés par les grand-mères gardoises © Radio France - Solène Cressant

C'est un gang un peu particulier qui sévit dans le Gard. Aux Angles, une dizaine de grands-mères, âgées de 60 à 86 ans, tricotent bonnets, nœuds papillons cravates pour la start-up "Gang de grand-mères". Le chef de bande, c'est Hugo Canusso. Il a fondé l'entreprise 100% made in France en 2014.

C'est un gang un peu particulier qui sévit dans le Gard. Aux Angles, une dizaine de grands-mères, âgées de 60 à 86 ans, tricotent bonnets, nœuds papillons ou cravates pour la start-up Gang de grands-mères. Le chef de bande s'appelle Hugo Canusso. Il a fondé l'entreprise en 2014.

Ces pièces 100% made in France, et même made in Gard, sont vendues en ligne et dans des points de ventes de grandes villes comme Marseille, Lyon ou Paris.

Armées de leurs aiguilles, les tricoteuses nous ont ouvert les portes de leur planque.

Les serial tricoteuses gardoises fabriquent du 100% made in France

"Donner une âme au vêtement"

Les doigts de Simone tournent avec agilité autour des aiguilles et du fil de laine pourpre. Et pour cause, Simone, 86 ans, tricote depuis l'âge de 10 ans. Elle a tricoté pour ses enfants, ses petits enfants.

Sauf que ce qu'on lui demande maintenant, c'est du sérieux, comme le rappelle Évelyne, la benjamine de la bande. "Quand on sait que le bonnet doit être vendu, il doit être absolument parfait ! c'est une petite pression supplémentaire c'est sûr !"

Celui qui les vend pourrait être leur petit-fils. Hugo Camusso a 27 ans et le tricot, il n'y connait rien. Mais il a su bien s'entourer pour fabriquer sa collection.

"Quoi de mieux que des vraies grands-mères pour fabriquer de vrais bonnets en laine ? Elles ont le savoir-faire et en plus, elle apportent une âme au produit."

Et ici, pas de pulls qui grattent aux couleurs douteuses, mais des bonnets, des écharpes ou des nœuds papillons de toutes les couleurs. Et c'est en vraie professionnelle que Chantal en parle :

"C'est un travail très technique, suivant les modèles de nœuds, on ne les finit pas de la même façon, ça peut être un bouton, une petite tresse..."

Lutter contre l'isolement

Ensemble, les tricoteuses réfléchissent aux modèles, pensent chacune des pièces jusqu'aux finissions. Les mamies ont plus 300 nœuds papillons et 600 bonnets à leur actif.

Mais pour elles, pas question de parler de travail. L'aventure du Gang de grands-mères, c'est surtout l'occasion de ne pas être seule rappelle Simone. "C'est très sympa. Je vois Chantal toutes les semaines, elle récupère mon travail et m'apporte la laine. On discute, on se tient compagnie, moi qui suis seule, j'adore cette aventure."

Les tricoteuses ont créé une association, Les mamies du gang, qui récupère 10% du prix du bonnet qu'elles ont fabriqué. Mais pour ce gang, pas question de faire sauter la banque ! Tout ce qui compte, c'est le plaisir de tricoter et la reconnaissance d'un savoir faire.

Pour la nouvelle collection, appelée tout simplement, "Le bonnet français", le Gang des grands-mères organise une opération de financement participatif sur Ulule.

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