Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport : quel avenir à Belfort ?

"Alstom à Belfort ne va pas fermer", promet Alain Vidalies

Par Géraldine Houdayer et Raphaël Godet, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu lundi 12 septembre 2016 à 8:06 Mis à jour le lundi 12 septembre 2016 à 20:06

Alstom a annoncé l'arrêt de la production des trains sur son site de Belfort
Alstom a annoncé l'arrêt de la production des trains sur son site de Belfort © Maxppp - NCY

L'usine de Belfort, où Alstom projette d'arrêter la fabrication de trains d'ici à 2018, restera un site de production "dans les mêmes proportions" qu'aujourd'hui, a assuré ce lundi soir Alain Vidalies, le secrétaire d'État chargé des Transports. Une réunion s'est tenue ce matin à l'Elysée.

L’exécutif est très remonté après l’annonce d’Alstom, la semaine dernière, d’arrêter la fabrication de trains dans son usine historique de Belfort. Environ 400 salariés sont concernés. Dans deux ans, l’activité sera transférée sur un autre site en Alsace. Mais le gouvernement met la pression sur le groupe industriel, dont l'État est actionnaire."La méthode employée par Alstom est inacceptable. Nous l'avons dit cette semaine aux dirigeants d'Alstom", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls dimanche. Mais, a-t-il souligné, "nous avons déjà sauvé Alstom et nous pouvons encore sauver Alstom, à condition que les dirigeants jouent pleinement leur rôle".

"La méthode employée par Alstom est inacceptable" - Manuel Valls

Une réunion interministérielle s'est donc tenue ce lundi matin à l'Élysée avec, autour de François Hollande et de Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Pour l'exécutif, il est hors de question d'entériner un tel scénario à quelques mois de la présidentielle de mai 2017. Alstom veut transférer le site historique de Belfort à Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, d'ici à 2018. L'annonce a provoqué un choc dans la région.

"Le président de la République nous a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues", a déclaré Michel Sapin sur le perron de l'Elysée.

"Dans les mêmes proportions qui existent aujourd'hui"

Ce lundi soir sur RTL, Alain Vidalies n'a pas dit autre chose. Selon le secrétaire d'État chargé des Transport, l'usine de Belfort restera un site de production "dans les mêmes proportions qui existent aujourd'hui." La décision d'Alstom est "d'autant plus incompréhensible aujourd'hui que nous sommes dans l'attente de décisions concernant des appels d'offres."

L'État compte bien tout faire pour maintenir la production de locomotives Alstom à Belfort. Peu après la déclaration de François Hollande qui a sommé son gouvernement de se "mobiliser pour qu'il y ait plus de commandes", Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, s'est lui aussi exprimé sur le sujet. "Pour les salariés, la décision du président de la République est claire et nette : il y aura le maintien de l'activité ferroviaire sur le site de Belfort dans les proportions qui existent aujourd'hui. Cela veut dire qu'Alstom à Belfort ne va pas fermer"

Un dossier qui devient politique

L'opposition s'empare aussi de l'affaire. "Comment l'État peut-il accepter que son coactionnaire annonce la fermeture du site sans qu'il soit au courant?", s'est ainsi étonné l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy dans le Journal du Dimanche. "Hollande restera comme le président du renoncement national", a-t-il ajouté.

L'Etat ne peut empêcher la fermeture du site - Emmanuel Macron

"L'Etat doit sauver ce site," a aussi déclaré Marine Le Pen (FN) sur TF1. Mais que peut faire l'État, qui, avec 20% des droits de vote au conseil d'administration d'Alstom, n'est qu'actionnaire minoritaire? Pas grand-chose, selon l'ex-ministre de l'Économie Emmanuel Macron qui a déclaré à l'AFP que l'État ne peut "empêcher" la fermeture du site. Un rassemblement est prévu ce lundi à 19H00 devant l'Hôtel de Ville de Belfort, à l'appel de l'Union départementale CGT. Une pétition pour le maintien du site, lancée par les élus locaux, a recueilli plus de 4.000 signatures.

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