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Économie – Social

Le gouvernement signe ce mardi les premiers "emplois francs" nouvelle génération

mardi 17 avril 2018 à 4:36 - Mis à jour le mardi 17 avril 2018 à 10:30 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Les premiers emplois francs seront signés ce mardi à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en présence de trois membres du gouvernement. Les entreprises toucheront une prime pour l'embauche de chômeurs issus de quartiers prioritaires "politique de la ville". Les entrepreneurs sont enthousiastes.

Devant l'agence pôle emploi de Bondy, en Seine-Saint-Denis
Devant l'agence pôle emploi de Bondy, en Seine-Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Île-de-France, France

C'est ce mardi le début officiel de l'expérimentation des emplois francs, version Macron. Objectif : lutter contre les discriminations à l'embauche des habitants des quartiers populaires. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard et son secrétaire d'Etat, Julien Denormandie, se rendent ce mardi après-midi à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour la signature des premiers emplois francs.  Ce dispositif test est entré en vigueur le 1er avril pour 1 an, dans 7 territoires expérimentaux : les quartiers "politiques de la ville" de toute la Seine-Saint-Denis, d'une partie du Val-d'Oise et de l’Essonne et des agglomérations de Lille, Angers et Marseille.

L'association "Nos Quartiers ont des Talents" est confiante

 Jean-Jacques Blanc, directeur général de l'association "Nos Quartiers ont des Talents" (NQT), était l'invité de France Bleu Paris mardi à 8h15.  L'association aide les jeunes diplômés des quartiers à trouver du travail. Les emplois francs nouvelle formule est un dispositif plus ouvert et "on peut considérer que techniquement il sera plus efficace", assure Jean-Jacques Blanc. Regardez son interview.

Un dispositif simplifié

Le principe : pour l'embauche d'un habitant de ces quartiers au chômage, l'entreprise perçoit 5000 euros par an pour un CDI ou 2500 euros annuels sur 2 ans maximum pour un CDD d'au moins 6 mois. La mesure a été simplifiée, après l'échec des emplois francs, lancés en 2013 par le précédent gouvernement, et abandonnés depuis. La seule condition : habiter un quartier faisant partie du dispositif et être inscrit à Pôle Emploi. La précédente version n'incluait que les candidats âgés de moins de 30 ans et obligeait les entreprises à embaucher dans les quartiers.

"L'ancien dispositif était trop complexe pour nous" regrette Eric Malenfer, patron de Gexpertise, une entreprise qui embauche essentiellement des géomètres pour travailler dans l'immobilier, et qui prévoit de recruter 5 à 10 emplois francs d'ici deux ans : "Aujourd'hui on n'a pas de souci : vous embauchez, vous y avez droit!"

"Ne pas créer des emplois de façon un peu artificielle dans certaines zones"

Un dispositif "simple à comprendre" abonde Luc Derache, directeur de la responsabilité sociétale chez Bayer France, l'entreprise pharmaceutique. "Les emplois peuvent être créés en dehors des zones franches, ce qui permet aux entreprises de ne pas aller créer des emplois de façon un peu artificielle dans certaines zones et de pouvoir travailler sur le long terme avec les habitants des quartiers" ajoute-t-il.

ECOUTER - "Cette mesure d'emplois francs est une très bonne mesure" pour Luc Derache, de Bayer France

Un besoin d'accompagnement

"J'ai rencontré beaucoup de jeunes qui sont en demande" assure de son côté Patrice Anato, député La République en Marche de Seine-Saint-Denis, qui a beaucoup parlé de la mesure, promesse d'Emmanuel Macron, pendant la campagne des législatives en 2017. Mais il sait qu'il faudra suivre son application : "c'est clair que si nous n'allons pas chercher les habitants des quartiers pour communiquer sur ce dispositif, ils n'en sauront rien" ajoute-t-il, assurant consulter des acteurs économiques de terrain pour organiser le suivi du dispositif.

ECOUTER - "Les critères permettent de toucher un plus grand nombre de demandeurs d'emploi" souligne Patrice Anato, député LREM de Seine-Saint-Denis

Des freins à l'embauche

Pour beaucoup de demandeurs d'emplois, le scepticisme demeure. "Ici ils avaient subventionnés des entreprises pour embaucher des gens du quartier et ils ne l'ont pas fait : il faudrait un suivi!" regrette notamment Isi, rencontré devant une agence pôle emploi à Bondy. 

ECOUTER - Les demandeurs d'emploi sont sceptiques, les recruteurs enthousiastes

"Quand on a Bac +3 et qu'on est issu d'un quartier difficile, on n'a pas de réseau et sur des postes à Bac + 3 on sait que le réseau joue à 80% donc on a mécaniquement 5 fois moins de chance de trouver un job" ajoute pour sa part Yazid Chir patron de l'entreprise numérique Be Bound et président de Nos Quartiers ont des Talents. Depuis 2006, l'association met en place des parrainages entre jeunes des quartiers diplômés et professionnels pour lutter contre les discriminations à l'embauche. Un accompagnement indispensable, selon lui.