Économie – Social

Le made in France relance la production de chêne-liège dans le Roussillon

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon lundi 3 octobre 2016 à 3:47

Le bouchon estampillé liège du Roussillon
Le bouchon estampillé liège du Roussillon © Radio France - Marion Paquet

Il y a cinq ans, un producteur de bouchons de Céret faisait le pari de racheter toute la production de chêne-liège du Roussillon. Aujourd'hui, les producteurs ont doublé leur capacité grâce aux bouchons estampillés liège du Roussillon.

C'est l'un des plus gros producteurs de bouchons au Monde, avec 1,3 milliards de bouchons produits par an et un chiffre d'affaire de 109 millions d'euros. L'entreprise Diam Bouchage, basée à Céret, dans les Pyrénées-Orientales, n'a pas moins de 10 000 clients, dans 55 pays. Elle importe du liège du Portugal, d'Espagne, du Maroc, et il y a cinq ans, la société a également choisi d'utiliser du liège de France, du Roussillon.

"C'est un argument marketing pour renforcer notre présence sur le marché français, explique Dominique Tourneix, le directeur général de Diam Bouchage, cette matière première est certes un peu plus chère que le liège qu'on peut trouver dans les grandes régions productrices, je pense au Portugal, à l'Espagne ou au Maroc.

"Mais nous avons eu l'idée de décliner des bouchons Diam en liège du Roussillon, une offre spécifique pour les vignerons locaux et qui leur plait énormément, parce qu'il peuvent faire prévaloir qu'il s'agit d'une production locale sur leur vin et ils en sont très heureux, très fier de pouvoir porter cette bannière du liège régional dans leur production".

Dominique Tourneix, le directeur général de Diam Bouchage

Grâce à cet argument de vente, Diam Bouchage a gagné de nouveaux clients au niveau local. Une cinquantaine de vignerons qui achètent les 400 000 bouchons frappés "liège du Roussillon".

Parmi ces nouveaux clients, il y a Nicolas Battle, propriétaire du domaine Mas de Lavail à Maury. Il travaille avec Diam Bouchage depuis que la société à lancé sa gamme locale.

Le made in France, un argument de vente

Le bouchon estampillé liège du Roussillon - Radio France
Le bouchon estampillé liège du Roussillon © Radio France - Marion Paquet

"Nos clients apprécient que nous travaillions avec les entreprises du département, explique le vigneron. Et il n'y a pas que pour les bouchons que Nicolas Battle privilégie la production française. Ses bouteilles viennent d'Albi, ses cartons ne viennent plus d'Espagne mais de Perpignan, depuis un an, "pour les produits phytosanitaires, de traitement des vignes, on travaille avec le dépôt qui est à côté, comme ça, dès qu'on a besoin de quelque chose, on peut l'avoir rapidement. Il sait effectivement qu'il peut se faire livrer ses bouchons en 48h. Pour le matériel agricole également, on travaille avec des entreprises de la région. Contrairement aux équipements d'Italie, moins cher, on a une réactivité plus importante au niveau du service après-vente"

On essaye de travailler avec le local parce que notre département est pauvre en industrie, donc autant faire marcher les entreprises de notre département". Nicolas Battle, vigneron à Maury

Nicolas Battle, propriétaire du domaine Mas de Lavail à Maury

"La production française a le vent en poupe, et j'espère que ça va durer," se dit Renaud Piazzota, il fait partie de la Suberaie catalane, une association qui rassemble désormais une centaine de propriétaires de chêne-liège dans les Pyrénées-Orientales. "Le contexte était assez difficile, on était face à une crise. La production est plus petite, plus morcelée qu'en Espagne et au Portugal, avec des difficultés d'accès, des handicaps qui nous rendaient l'accès au marché plus difficile".

"On a passé un contrat sur 5 ans, avec Diam Bouchage, poursuit Renaud Piazzota, avec une promesse d'achat de 50 tonnes par an. Ça nous a permis d'être sûr de pouvoir vendre le liège des adhérents, à prix fixe et de créer une véritable économie forestière . A l'époque, nous étions une soixantaine d'adhérents, maintenant, ça a presque doublé, avec 2500 hectares environ, le développement est concomitant avec le fait de pouvoir valoriser la production. Pour les cinq prochaines années, on espère conclure un contrat quinquennal pour 100 tonnes par an".

Renaud Piazzota, de la Suberaie catalane

"C'est peut-être un argument marketing pour l'entreprise, mais tant que ça nous permet de relancer la production et l'économie forestière, c'est l'essentiel", conclue Renaud Piazzota.

Dans le département, le chêne-liège est présent dans les massifs du Vallespir, des Aspres et des Albères. - Radio France
Dans le département, le chêne-liège est présent dans les massifs du Vallespir, des Aspres et des Albères. © Radio France - Marion Paquet

Et puisque le liège du Roussillon remporte un franc succès, Diam Bouchage a lancé la même opération en Provence et en Corse, pour janvier 2017.

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