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Économie – Social

Béarn : le maire de Laàs veut se lancer dans la production et la commercialisation de cannabis

lundi 25 juin 2018 à 16:53 Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn et France Bleu

Jacques Pédehontaà a écrit à Emmanuel Macron pour lui demander l'autorisation de tester pendant 3 ans la production de cannabis, à usage thérapeutique et récréatif.

Le maire de Laàs, Jacques Pédehontaà, lit la lettre adressée à Emmanuel Macron
Le maire de Laàs, Jacques Pédehontaà, lit la lettre adressée à Emmanuel Macron © Radio France - Axelle Labbé

Laas, France

Le maire de Laàs et conseiller départemental, Jacques Pédehontaà, relance le débat sur la légalisation du cannabis. Il souhaite lancer, à titre expérimental pendant 3 ans, la culture du cannabis sur 10 à 20 hectares de champs, sur le territoire du Béarn des gaves. La drogue serait vendue en pharmacie ou dans les bureaux de tabac selon l'usage des consommateurs. Un médecin de Sauveterre-de-Béarn se chargerait du suivi des consommateurs, et la société Adour Sécurité veillerait sur les plantations. 

Cette économie permettrait aux agriculteurs de mieux vivre, aux buralistes de mieux vivre, aux pharmaciens de mieux vivre - Jacques Pédehontaà

De quoi doper l'économie nous selon le maire de Laàs, Jacques Pédéhontaa : "Nous, ce qu'on propose au président de la République, c'est de lui dire qu'on est prêt à maîtriser toute la filière et faire une expérimentation dans l'attente de la légalisation. Vous pourrez contrôler, mesurer l'efficience du dispositif et de l'expérimentation. Il y a un enjeu majeur en terme de fiscalité pour l'État à s'emparer de ce débat et à l'encadrer. Parce que ce sont des milliards de milliards de milliards d'une économie qui est aujourd'hui souterraine en France. Cette économie permettrait aux agriculteurs de mieux vivre, aux buralistes de mieux vivre, aux pharmaciens de mieux vivre, et surtout, l'argent perçu par l'État pourrait être réorienté vers l'école et la prévention, l'agriculture ou encore les EHPAD, le monde médical et la "silver économie". Il y a là une possibilité importante de réorienter et de redresser les choses". 

De l'herbe de cannabis vendue au bureau de tabac

Contrairement à la communauté d'agglomération du Grand Guéret, dans la Creuse, qui s'est positionnée en faveur de la culture du cannabis à usage thérapeutique, Jacques Pédehontaà lui mise aussi sur l'usage dit "récréatif". Cela dépend en fait du taux de THC, le principe actif du cannabis. La drogue serait vendue dans les bureaux de tabac. 

Le président de la fédération des buralistes Béarn et Soule, Jérôme Récapet, buraliste à Navarrenx, est prêt à tenter l'aventure : "aujourd'hui, il y a de moins en moins de fumeurs. On sait très bien qu'il va falloir faire d'autres choses, être dynamiques, être de vrais commerçants et non plus seulement des débitants de tabac. Alors pourquoi pas le cannabis? C'est très avancé de vous dire ça, mais participer au projet, se poser les bonnes questions, oui. Après on verra ce qui peut être fait".

J'aurais préféré que ça reste thérapeutique parce que fumer du cannabis, ce n'est pas bon pour la santé, ce n'est pas bon pour nos jeunes - Jean-Marc Maisonnave, président de la FDSEA sur le canton de Sauveterre

Le maire de Laàs assure avoir obtenu l'accord d'une vingtaine d'agriculteurs, qui seraient prêts à cultiver et à transformer le cannabis en herbe. Jean-Marc Maisonnave, président de la FDSEA sur le canton de Sauveterre-de-Béarn et producteur de kiwis, est partant, mais avec quelques réserves : "on veut essayer de développer notre agriculture, mais franchement j'aurais préféré que ça reste thérapeutique parce que fumer du cannabis, ce n'est pas bon pour la santé, ce n'est pas bon pour nos jeunes. Mais ça se développe dans tous les pays, nous avons déjà fait de la culture de chanvre, qui était très encadrée".

Jacques Pédehontaà attend maintenant une réponse d'Emmanuel Macron. Il a prévu de transmettre son courrier aux parlementaires du département pour appuyer sa demande de rendez-vous à l'Elysée.