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Économie - Social

Le Mans : 55 patrons d'entreprise de BTP se relaient jour et nuit pour bloquer le dépôt pétrolier

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Par , France Bleu Maine

Une cinquantaine d'entrepreneurs des travaux publics bloquent l'accès au dépôt pétrolier du Mans depuis jeudi 28 novembre matin. Ils protestent contre la fin de l'exonération de taxe sur le gazole non routier (GNR), le carburant qu'ils utilisent pour leurs engins de chantier.

La fréquentation du blocus est plus faible, ce samedi matin. Une quinzaine d'entrepreneurs ont gardé l'endroit toute la nuit.
La fréquentation du blocus est plus faible, ce samedi matin. Une quinzaine d'entrepreneurs ont gardé l'endroit toute la nuit. © Radio France - Clémentine Sabrié

Le Mans, France

Cinq pelleteuses, un camion et un préfabriqué. Cela aura suffit pour bloquer complètement l'accès au dépôt pétrolier sarthois, situé dans le sud du Mans, rue de la Foucaudière. Depuis ce jeudi 28 novembre, 6h du matin, 55 patrons d'entreprises de travaux publics se relaient jour et nuit. Ils viennent de Saint-Calais, du Grand-Lucé ou encore de Bouloire. Tous n'ont qu'une seule revendication : empêcher l'Etat de mettre fin à l'exonération de taxe sur le gazole non routier (GNR). Cette suppression est prévue par l'article 16 du projet de Loi de Finance 2020.

Un "passage forcé" vers le gazole routier, plus cher

Samedi 30 novembre, au matin, ils ne sont qu'une dizaine à garder l'entrée du dépôt pétrolier. Pascal Cissé dirige une société de travaux publics qui compte 27 employés, à Bouloire, entre Le Mans et Saint-Calais. Il utilise en moyenne 3.500 litres de GNR par jour pour faire tourner ses trente machines. Ce chef d'entreprise a fait le calcul : "C'est à peu près entre 8.000 et 9.000 euros de frais supplémentaires pour le même litrage de gazole par mois."

Sous la trappe de la pelleteuse, le réservoir est plein de GNR rouge. Les parois sont transparentes pour que les autorités puissent vérifier ce qu'il y a dedans. - Radio France
Sous la trappe de la pelleteuse, le réservoir est plein de GNR rouge. Les parois sont transparentes pour que les autorités puissent vérifier ce qu'il y a dedans. © Radio France - Clémentine Sabrié

Sans l'exonération de taxe sur le GNR, ce dernier reviendra au même prix que le gazole routier. La différence entre les deux ? "C'est purement administratif. Le premier est rouge, l'autre transparent", explique Frédéric Tessier, un entrepreneur calaisien à la tête de la section travaux publics de la CAPEB 72 (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment).  Ce changement de couleur sert aux autorités pour vérifier sa bonne utilisation. Frédéric Tessier et ses confrères dénoncent un "passage forcé" au gazole routier.

Ils craignent la concurrence déloyale des entreprises de travaux agricoles

Les chefs d'entreprise sarthois mobilisés trouvent cette hausse du prix du GNR d'autant plus "injuste" que certains corps de métiers ne sont pas concernés. C'est le cas des entreprises de travaux agricoles qui, pourtant, réalisent le même type de chantiers, comme le terrassement, que certaines sociétés de BTP. "L'Etat veut nous mettre en porte-à-faux avec nos collègues agriculteurs", assène Frédéric Tessier.  

Les patrons d'entreprises de BTP affichent leur colère sur leur camion. - Radio France
Les patrons d'entreprises de BTP affichent leur colère sur leur camion. © Radio France - Clémentine Sabrié

Pour compenser la hausse du prix du GNR, voire le passage au gazole, les entreprises de BTP vont devoir multiplier les chantiers. "Comparé à l'heure actuelle, où on fait des journées de 12h, il va falloir qu'on fasse deux heures de plus", estime Romain Mairet qui travaille tout seul, dans une commune voisine de Saint-Calais. Une fois les clients contactés, il faudra leur expliquer la hausse des tarifs indiqués sur le devis. Une augmentation de 10 à 15% sur chaque devis, selon Pascal Cissé, également membre de la CAPEB 72.

"Pas d'alerte" sur les niveaux de carburant en Sarthe

Malgré ce blocage, qui dure depuis trois jours, la préfecture sarthoise assure qu'il n'y a "pas d'alerte" quant aux niveaux de carburant à disposition des automobilistes. "Aucune station d'essence n'est fermée", selon les autorités.

La durée de la mobilisation reste indéterminée à ce jour. Les professionnels du BTP qui bloquaient les dépôts de Brest, Lorient et Vern-sur-Seiche ont obtenu un rendez-vous avec le ministre de l'économie, Bruno Lemaire, faute d'être reçus à Matignon. Les Sarthois attendent l'issue de cette réunion, prévue à 11h ce lundi, pour décider s'ils lèvent le blocage ou s'ils continuent. "Pour l'instant, on ne bouge pas", assure Frédéric Tessier.

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