Économie – Social

Le Mans : Altia, vide de salariés et pleine de machines

Par Valentine Letesse, France Bleu Maine jeudi 7 janvier 2016 à 16:23

Quatre salariés sur le site d'Altia au Mans.
Quatre salariés sur le site d'Altia au Mans. © Radio France - Valentine Letesse

Ce mercredi 6 janvier, le départ de 35 salariés a été officialisé. À la fin du mois, l'usine d'Altia au Mans sera probablement liquidée.

Ils étaient encore 130 minimum à travailler chaque jour dans l'usine d'Altia au Mans il y a quelques mois. Depuis ce 6 janvier 2016, ils ne sont plus qu'une petite cinquantaine. 35 départs ont été officialisés après une assemblée générale et l'assemblage de la dernière cabine de tracteur fabriquée sur le site. Une longue souffrance qui va bientôt se terminer. Après 18 mois de redressement judiciaire, l'entreprise sera liquidée selon toute vraisemblance à la fin du mois. 

Le reportage de Valentine Letesse chez Altia.

"C'est lourd parce qu'on ne sait pas du tout où on va." Après un licenciement économique et deux liquidations judiciaires, Laurent, soudeur depuis 9 ans et demi chez Altia n'en peut plus. Le salarié est en colère contre les actionnaires, contre les nombreux patrons qu'il a vu défiler dans cette usine. "À chaque fois c'est la même musique. Les politiques va falloir qu'ils se bougent." ajoute le quarantenaire. 

 "Ces gens là [ ndlr : les actionnaires ] sont autorisés à voler, c'est une honte." - Laurent, soudeur chez Altia.

Le témoignage de Laurent, soudeur chez Altia.

Comme Laurent, les autres employés seront payés jusqu'à la fin du mois de janvier à rester chez eux, une fois les dernières commandes bouclées. Devant l'usine, un chariot transportant des palettes circulent encore, le personnel a dû mal à partir. "C'est une personne qui a une conscience professionnelle et qui ne veut pas quitter la boîte" pour Guy Lautru, salarié élu au Comité d'Entreprise. Une seule question pour les employés : et maintenant, que faire ? La majorité a plus de 45 ans. Compliqué de retrouver du travail. Alors certains espèrent encore qu'un repreneur se déclare avant le 29 janvier 2016. Jour où le tribunal de commerce de Paris prononcera la liquidation judiciaire.