Économie – Social

Le Mans : la guerre des cavistes n'aura pas lieu

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine mardi 13 décembre 2016 à 18:57

Un peu moins d'une vingtaine de cavistes sont installés au Mans. Trop ? Pas nécessairement, répondent les commerçants.
Un peu moins d'une vingtaine de cavistes sont installés au Mans. Trop ? Pas nécessairement, répondent les commerçants. © Maxppp - Christian Watier

Un peu moins de 20 cavistes sont installés au centre-ville du Mans. Trop, pour une agglomération de 200 000 habitants ? Pas nécessairement répondent les commerçants interrogés par France Bleu Maine.

En France 80% des bouteilles de vin sont vendues en supermarché, le reste est écoulé dans les restaurants, à la marge, directement chez le vigneron et sinon, chez les cavistes. Ils sont un peu moins d'une vingtaine au Mans, contre dix, il y a quelques années. Trop pour une agglomération de 200 000 habitants ? Pas nécessairement, répondent les commerçants interrogés par France Bleu Maine.

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Besoin de conseils

Depuis une dizaine d'années, les clients sont revenus chez les cavistes constate Bruno Clémente. C'est l'un des plus anciens au Mans. Il tient la boutique Cavavin avenue Olivier Heuzé :

Ce qui compense c'est que les gens cherchent plus le conseil, aujourd'hui. Ce n'est pas entre nous qu'on se pique des clients, par contre, on a tendance à en reprendre sur les grandes surfaces - Bruno Clémente

Car les cavistes ont un avantage sur la grande distribution : "Nous on sait ce qu'il y a dans la bouteille. On goûte, on teste et puis les bouteilles restent disponibles dans nos magasins" alors qu'en grande surface il y a un grand turn-over.

Des sélections soigneusement réfléchies

C'est d'ailleurs pour cela que Yannick Petit a ouvert il y a une dizaine de jours la cave St Pavin, après avoir organisé pendant un an et demi des soirées de dégustation thématiques. "On ne trouvait pas de soirées qui nous amusait, avec mon épouse". Ils se lancent et trouvent rapidement une clientèle. "Nos propres clients qui revenaient souvent voulait acheter les bouteilles que l'on faisait déguster !". Mais à la cave Saint-Pavin, les bouteilles ne sont pas classées par régions mais par goût : sec, doux, fruité, pour les blancs ; souple, puissant et boisé pour les rouges. "Ça plaît énormément. Il faut savoir que 95% des clients ne connaissent pas vraiment les vins. Par contre, ils connaissent leurs goûts". Un peu plus loin, place Georges Bouttie, Eric Bourget a ouvert le Kiosqu'A Vin il y a quinze ans. Lui ne propose que des petites cuvées, de vignerons soigneusement choisis : "on est quelques cavistes comme ça. Notre métier c'est ça. Essayer de trouver des petites cuvées que personne ne trouve ailleurs".

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La tendance cubi

Chaque commerçant a donc son réseau, sa manière de faire. Ça n'a pas empêché l'entreprise BiboVino de s'installer au Mans. "On a fait le tour de la ville avec des gens de BiboVino pour trouver la meilleure rue où s'implanter", explique le gérant, Julien Michel. Il a ouvert sa boutique de ... cubis de vins, il y a six mois, rue du docteur Leroy. "C'est une rue gourmande, il y a beaucoup de métiers de bouche". Les cubis représentent désormais 38% des parts de marché dans la vente du vin.