Économie – Social

EXCLUSIF - L'ancien hôpital psychiatrique du Mans transformé en logements

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine vendredi 30 octobre 2015 à 18:59

L'ancien hôpital psychiatrique du Mans est en friche depuis quatre ans
L'ancien hôpital psychiatrique du Mans est en friche depuis quatre ans © Radio France - Ruddy Guilmin

RETOUR SUR INFO - Depuis le déménagement des services du CHS à Allonnes en 2011, le projet de réhabilitation de l'ancien hôpital psychiatrique Etoc-Demazy était au point mort. Jusqu'à ce qu'un projet se concrétise enfin, il y a quelques semaines, sur la partie classée monument historique.

C'est en septembre 2011 que le Centre hospitalier spécialisé (CHS) quitte la rue Etoc-Demazy, au Mans, pour regrouper ses services à Allonnes. Le site manceau de neuf hectares, avec une partie XIXe classée monument historique, est alors acheté pour 7 millions d'euros par le syndicat mixte d'aménagement de la technopole mancelle (qui regroupe la ville, le département et la chambre de commerce). Celui-ci confie la réhabilitation au promoteur tourangeau Artprom, qui a bâti tout le quartier de la gare sud. Et qui présente dans la foulée un grand projet d'éco-quartier ultra moderne avec logements, commerces, bureaux... Les années passent, mais rien ne se passe. Du moins, pas grand chose. Et c'est finalement ces dernières semaines qu'un projet se concrétise sur la partie classée, c'est à dire la moitié la plus proche de l'entrée du complexe. Antoine Pillot, le gérant d'Artprom :

C'est un projet de réhabilitation concernant 50 à 70 logements, qui sera mené par Histoire et patrimoine. C'est un opérateur spécialisé, qui a une grande expertise en la matière. Il a notamment rénové un hôpital calqué sur le modèle d'Etoc-Demazy à Auxerre.

Antoine Pillot : "Un rénovation en logement sur 90 % de la partie classée"

La syndicat mixte va vendre cette partie classée pour 1,4 million d'euros. La signature est prévue fin novembre avec Histoire et patrimoine, une filiale de la holding Altaréa Cogedim, le promoteur du centre commercial Family Village, présidée par le millionnaire gentleman driver Jacques Nicolet. Les études et le montage des dossiers vont néanmoins prendre du temps. Le début des travaux ne devrait pas avoir lieu avant novembre 2016. Artprom garde tout de même la main sur les aménagements extérieurs (cheminements publics, espaces verts, parkings...) et sur quatre petits bâtiments dont la vocation sera de faire vivre ce quartier, explique Antoine Pillot :

On aimerait implanter un restaurant dans le quartier, on a également la chapelle à laquelle il faudra trouver une utilité. Ca peut être de l'associatif, du culturel... On est très ouvert.

Parmi les pistes : un lieu d'exposition, un partenariat avec la fondation MMA ou encore un local pour le FabLab de la ruche numérique.

De nombreux projets avortés sur l'ensemble du projet

Le projet global initial baptisé "Novaxud" - Aucun(e)
Le projet global initial baptisé "Novaxud" - Source Novaxud/Artprom

Crise, économie au ralenti ou retrait de certains clients, énormément de projets ont capoté sur l'ensemble du secteur baptisé "Novaxud", qui s'étend de la rue Etoc-Demazy jusqu'au boulevard Demorieux. La partie classée a connu de nombreux faux départs : le foyer de jeunes travailleurs, les services annexes d'une maison de retraite ou la crèche annoncés au cours des années passées ne sont plus à l'ordre du jour. Quant à la partie non classée (phase 3 sur le plan), où cinq bâtiments seront prochainement détruits, elle est au point mort. Sarthe Habitat,  l'entreprise O2 et même la ville avec son centre d'affaires avaient des projets... Mais vu la conjoncture, ces derniers sont au mieux suspendus, au pire enterrés selon Antoine Pillot : "C'est un des symptômes de la conjoncture actuelle."

Antoine Pillot : "Des projets soit abandonnés, soit encore à l'étude"

Une étincelle pour relancer le programme

Du coup, le syndicat mixte a repris la main sur la parcelle centrale (phase 3) pour tenter de relancer sa réhabilitation. Et grâce au démarrage de la partie classée, le maire du Mans Jean Claude Boulard espère créer une étincelle :

L'expérience montre que quand on voit réapparaître des grues, un chantier, le regard des promoteurs se tourne à nouveau, surtout sur ce terrain qui a une grande force... C'est d'être en gare ! 

Jean-Claude Boulard : "Quand on redémarre, le regard se tourne à nouveau"

Alors question : le grand éco-quartier promis il y a quatre ans sortira-t-il de terre un jour ? On verra répond Jean-Claude Boulard :

Je crois qu'il faut être pragmatique. C'est pas mal de pouvoir montrer une image... Mais c'est pas forcément ce qui va se faire.

Pour le promoteur Artprom, il faut certes que ça bouge, mais pas d'affolement. "On a toujours parlé d'une dizaine d'année, souligne Antoine Pillot, à partir de 2017, la partie classée aura commencé sa mutation. Et j'espère qu'on aura annoncé des choses entre temps. Je pense qu'à l'horizon 2020, on aura vu de très belles choses se faire. Le démarrage est un peu plus difficile que prévu mais on est encore dans le timing." 

En attendant, Jean-Claude Boulard se veut rassurant sur l'aspect financier : "On a acheté 7 millions, on a déjà revendu pour 6 millions. Et sur la partie centrale, il nous reste potentiellement entre 5 et 8 millions à valoriser. Sur la rentabilité de l'opération, je n'ai aucun doute."