Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Le match LGV-avion à Bordeaux : Air France a perdu un quart de ses passagers vers Paris

-
Par , France Bleu Gironde

Air France a perdu 25% de ses passagers en novembre entre Bordeaux et Paris, après un recul de 19% en octobre et 10% en septembre. Pour le directeur régional d'Air France-KLM, il n'y a rien d'inquiétant ni d'étonnant. Et la bataille n'est pas terminée. Frédéric Alory s'explique.

Frédéric Alory Directeur régional de Air France KLM à Bordeaux
Frédéric Alory Directeur régional de Air France KLM à Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

La navette Air France vers Orly a-t-elle du plomb dans l'aile avec la mise en service de la LGV Bordeaux/Paris il y a six mois ? La SNCF annonce avoir doublé sa clientèle affaires en quelques mois, pendant qu'Air France admet un recul de 10% de ses passagers vers Paris en septembre, -19% en octobre et -25% en novembre. Air France a déjà réduit son nombre de vols entre Bordeaux et Orly de 14 à 10 en octobre. Cette desserte ne changera pas jusqu'à octobre 2018. Et après ? "Nous nous battons". Entretien.

France Bleu Gironde : la navette est-elle en difficulté depuis la mise en service de la LGV ?

Frédéric Alory : oui il y a une baisse, mais elle est conforme à ce que nous avions prévu. C'est pour cette raison que nous avions anticipé, il y a un an et demi déjà, de faire passer l’offre vers Orly de 14 à 10 vols par jour, tout en gardant nos 6 vols quotidiens vers Roissy qui continuent à bien fonctionner.

Les mauvais chiffres ne cessent de s'accumuler depuis la rentrée ?

Oui mais encore une fois, c’était prévu. Nous avons eu l’expérience de Lyon, Marseille et Strasbourg. Nous savions plus ou moins à quoi nous attendre, même si le cas de Bordeaux est différent avec une zone économique et de population très dense et très proche de l’aéroport de Mérignac.

Vous ne voulez pas dire que la LGV est en train de tuer l’avion à Bordeaux ?

C'est une crainte. Nous avons toujours dit que la ligne vers Roissy n’est pas menacée. Effectivement pour Orly, il y a des conséquences. Il est clair que nous perdons des clients à la fois sur la clientèle loisirs et les hommes d’affaires. Et il est clair aussi, qu’il est plus commode de prendre le train, pour certaines entreprises bordelaises.

Comment contrer cette tendance à la baisse ? Sur quels arguments ?

D’abord, notre vol vers Orly dure 55 minutes. La SNCF argumente sur 2h04 mais c’est dans le meilleur des cas ! Ensuite, ce produit « navette » vers Orly est reconnue (depuis 20 ans à Bordeaux). On a fait des efforts sur les prix aussi, y compris sur le tarif abonné… alors que la SNCF a augmenté les siens pour la clientèle affaire. Ce qu’on souhaite, c’est de continuer à pouvoir proposer un cadencement adapté aux besoins de cette clientèle affaires. Aujourd’hui, avec 10 vols vers Orly, on y arrive bien. On verra si on continue. Jusqu’à fin octobre 2018, ça ne bougera pas. C’est à souhaiter aussi pour la Métropole de Bordeaux. Il n’y aurait rien de pire que de devoir restreindre drastiquement notre programme, ou de partir, comme nous l’avons fait à Strasbourg. La Métropole n’aurait rien à y gagner, et ses entreprises non plus.  

Vous n’excluez pas de descendre un jour à moins de 10 vols quotidiens pour la navette ?

Ce sera en fonction de ce qui va se passer en 2018. Nous nous battons. Maintenant, les moyens ne sont pas les mêmes, entre Air France, compagnie privée, qui ne peut pas se permettre de perdre de l’argent; et la SNCF qui a dit qu’elle perdrait 200 millions sur la ligne à l’année. C’est un peu David contre Goliath. Si nous devons être écrasés par des moyens illimités et des ventes à perte, excusez-moi de le dire... Je ne sais pas, si c’est de la concurrence déloyale, mais 200 millions, c’est la totalité de la perte que Air France va enregistrer sur tous ses vols domestiques et européens à l’année. Nous n’avons pas les mêmes contraintes que la SNCF.

Vous attendez, on imagine avec impatience, la liaison directe par tramway entre le centre-ville de Bordeaux et l’aéroport ?

Ce sera en 2021 si j’ai bien compris ? D’ici là, il peut se passer beaucoup de choses. Quand je suis arrivé, ici, il y a un an, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi le tram avait bifurqué alors qu’il aurait pu aller tout droit. J’imagine que c’est très politique mais surtout très dommage ! 

Il est admis que la barre des deux heures en train entre deux villes sonne le glas d’une liaison aérienne. C’est ce qu’on a constaté à Strasbourg. C’est évitable ou inéluctable pour Bordeaux ?

Bordeaux n’est pas Strasbourg qui a un aéroport isolé et éloigné. On capitalise sur cette chance d'avoir beaucoup de population, d’emplois et d’entreprises proches de Mérignac. D'où notre stratégie de défendre nos positions. 

L'une des publicités pour l'avion et l'aéroport de Bordeaux-Mérignac déclinée à la rentrée - Radio France
L'une des publicités pour l'avion et l'aéroport de Bordeaux-Mérignac déclinée à la rentrée © Radio France - Stéphanie Brossard

A LIRE AUSSI : la LGV Bordeaux/Paris 6 mois après : une clientèle affaires multipliée par deux, selon la SNCF

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu