Économie – Social

Le Nouvel Hôpital d'Orléans en déficit et sous surveillance

Par Anne Oger, France Bleu Orléans jeudi 10 novembre 2016 à 9:41

Le Nouvel Hôpital d'Orléans a ouvert en 2015
Le Nouvel Hôpital d'Orléans a ouvert en 2015 © Radio France - Stéphane Barbereau

Le NHO, Nouvel Hôpital d'Orléans, accusera à la fin de cette année un déficit de 13 millions d'euros. C'est la conséquence du déménagement et de l'installation dans les nouveaux bâtiments à la Source l'an dernier. L'Agence Régionale de Santé et même le Ministère, suivent de près la situation

Ouvrir un hôpital flambant neuf, ça coûte cher. En l'occurrence pour celui d'Orléans, ça représente dix millions d'euros de coût de fonctionnement en plus, chaque année. Parce que de nouveaux services ont été ouvert, parce que le matériel de pointe installé à l'occasion du déménagement, représente des coûts de maintenance importants, parce qu'aussi l'hôpital a recruté du personnel, en réanimation notamment. Et parce qu'il a ouvert 130 lits supplémentaires. Pour financer ce surcoût, la direction de du Nouvel Hôpital d'Orléans avait misé sur une hausse importante de l'activité, c'est l'une des seules sources de revenus d'un hôpital public, désormais. Une hausse d'activité, ce sont tous simplement des patients en plus. Elle avait établie à 13%, mais pour le moment, on n'y est pas. Elle était de 5% début 2016, elle a atteint 9% en octobre. L'objectif n'est pas atteint.

Comme nous avons ouvert des lits supplémentaires, nous avons davantage de personnel et il faut que les patients viennent davantage à l'hôpital ce qui se fait progressivement et donc le déficit devrait se résorber. Je ne suis pas inquiet, même si ça n'est pas une situation très confortable

Le directeur du Nouvel Hôpital, Olivier Boyer, reconnaît "une situation qui n'est pas très confortable". "Nous avons effectivement dépassé les seuils d'alerte, mais nos difficultés sont conjoncturelles, elles ne sont pas durables, enfin je l'espère. C'est directement lié aux investissements pour le déménagement et les nouveaux bâtiments. Quand les patients viendront plus nombreux, nous devrions sortir de la zone rouge". Olivier Boyer qui explique que, s'il a établi son budget sur cette base très ambitieuse d'une hausse d'activité de 13%, "c'est parce que c'est notre mission, le Nouvel Hôpital d'Orléans fait face à un déficit d'offre de soins au nord de la région, il fallait y répondre".

Un plan de retour à l'équilibre, synonyme de suppressions de poste, n'a pas été demandé par le Ministère

Pour les syndicats, c'est une erreur d'appréciation. "Promettre une hausse d'activité de cette ampleur dans un service où vous accueillez 1000 personnes. Mais dans un service comme la maternité d'Orléans par exemple, qui en est à presque 5000 accouchements par an, c'est impossible, nous n'avons pas les capacités d'accueil. Donc c'est une hérésie dès le départ, ce budget" accuse François Ruffaud, du syndicat Sud Santé. Lui craint à terme une mise sous tutelle du Nouvel Hôpital. "Parce qu'on le sait, l'Agence Régionale de Santé n'avait pas approuvé ce budget initial, et aujourd'hui, la direction est sous la surveillance étroite de l'administration". Le Ministère de la Santé lui-même suit de très près l'évolution du déficit de l'hôpital, "jour après jour" reconnaît Olivier Boyer. Mais une mise sous tutelle, il assure qu'on en est encore loin. "Pour le moment, on ne nous a pas demandé de plan de retour à l'équilibre, qui serait synonyme de suppressions de postes, d'économies importantes". Du côté des syndicats on estime pourtant que cette rigueur dans les dépenses a déjà commencé. "Beaucoup de postes ne sont plus occupés que par des vacataires, notre crainte c'est qu'un jour ils disparaissent".